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Une vie en plénitude

Traduction du montage "Unavida en plenitud" réalisé par Brigitte Coulon, RA, à l’occasion du cinquantenaire de la fondation de l’Assomption au Mexique, en décembre 2004. Traduction faite par Marie-Geneviève Poulain, RA

UNE VIE EN PLENITUDE Mère Marie-Eugénie de Jésus (1817-1898)

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A quoi rêves-tu quand tu as l’occasion d’être seul avec toi-même ?
Certains rêvent d’une vie dorée, sans problème, dans une maison confortable où ils puissent vivre à l’écart des préoccupations de ce monde...
D’autres d’avoir une famille très unie, où n’affleurent pas les problèmes...
D’autres rêvent d’obtenir beaucoup de succès et un niveau professionnel élevé...
D’autres encore d’améliorer le monde dans lequel ils vivent, de le rendre plus juste afin que chacun puisse y trouver sa place.
D’autres font un rêve fou, comme Marie-Eugénie qui considérait comme "folie, de ne pas être ce que l’on est avec le plus de plénitude possible"
Ce rêve ne se limitait pas uniquement à sa vie personnelle, mais elle désirait ardemment que le monde soit différent. C’est ce qu’elle découvrit petit à petit...
Sa vie ne fut pas facile, comme celle de la plupart d’entre nous...mais surtout, il lui en coûta de trouver son chemin. Voyons comment elle y parvint.

Anne-Eugénie Milleret naquit dans l’est de la France, au 19ème siècle, siècle héritier de la grande Révolution de 1789.

Son père était un fervent admirateur des philosophes qui furent à l’origine de ce bouleversement par les idées qu’ils lancèrent dans la société, et qui se concrétisèrent par les mots : Liberté, Egalité, Fraternité...
Homme aux nombreuses responsabilités, directeur de trois banques très prospères, député, il adhérait aux idées de la République. Anne-Eugénie hérita de lui son ouverture au monde et son sens des affaires.

Sa mère qui était tout pour elle, était une femme de caractère, généreuse envers les pauvres et les malades de son entourage. Anne-Eugénie reçut d’elle des valeurs humaines telles que l’amour, la bonté ,le courage, la droiture et le respect des autres.
La fortune familiale permit à Anne-Eugénie de bénéficier d’une vie aisée à Preisch, dans un magnifique château, avec un parc immense où elle jouait, avec son frère Louis, son aîné de deux ans. Cette vaste nature développa en elle un esprit de contemplation, en même temps qu’un sens pratique, toujours éveillé, qui lui permettait de percevoir la réalité.

Riche de cela, elle avait tout pour réussir sa vie.
Cependant quelque chose d’essentiel lui manquait : l’enracinement religieux familial.
Toutefois dans la fidélité à une tradition chrétienne, Anne-Eugénie fit sa première Communion à Metz, dans l’église Sainte Ségolène le jour de Noël 1829.
Elle y avait été préparée par le curé. L’expérience de sa 1ère Communion laissa en elle une marque ineffaçable. Elle fut complètement saisie par Dieu .
"En l’instant où je reçus Jésus-Christ ce fut comme si tout ce que j’avais jamais vu sur terre et ma mère même, n’était qu’une ombre passagère. Je ne sentais plus la présence d’aucune chose sinon celle de Dieu..." Revenant de la Sainte Table, je me demandais comment je retrouverais ma mère, quand j’entendis au dedans de moi, une voix qui me disait : "Un jour, tu quitteras ta mère, tu quitteras tout ce que tu aimes, pour servir cette Eglise que tu ne connais pas."

Il y a dans la vie, des moments qui laissent une trace ineffaçable, celui-ci en fut un pour Anne-Eugénie. Cependant les évènements que cette jeune aura à vivre plus tard, vont la mettre à dure épreuve, en pleine adolescence.

D’abord la ruine de son père. Ses banques font faillite au cours d’une révolution. En conséquence, le bonheur qui jusque-là avait entouré Anne-Eugénie s’écroule, le magnifique château de Preisch est vendu.
Une autre conséquence encore plus dure, va être la rupture de la relation déjà fragile de ses parents. Cette séparation atteint non seulement les parents mais aussi les enfants. Anne-Eugénie va vivre à Paris avec sa mère et son frère Louis, son cher compagnon de jeu, reste avec son père.
Cette situation lui donne de vivre davantage d’intimité avec sa mère, mais pour peu de temps, car une épidémie de choléra la lui arrache, deux ans plus tard . Anne-Eugénie a 15 ans, elle vit cet évènement dans la solitude.

Son père la confie alors à une amie riche et mondaine, Madame Doulcet, mariée à un receveur général des finances. Une période très séduisante s’ouvre alors pour Anne-Eugénie ; adolescente, elle se nourrit du Romantisme ambiant... Mais elle ne trouve personne qui la soutienne ou l’oriente. L’expérience de la 1ère Communion demeure lointaine, elle décrit ainsi cette étape :
"Les doutes qui avaient toujours été en mon esprit, se fortifièrent, je me demandais souvent si au-delà du tombeau, il resterait quelque chose de nous et surtout quel était le mystère, quel était le devoir de notre existence ici-bas." (Textes fondateurs n°1501 Lettre au Père Lacordaire en 1841) Elle se sent désorientée, elle vit pleinement son drame d’adolescente et son désir d’infini.
"Mes pensées sont une mer agitée qui me fatigue et me pèse. Tant d’instabilité, jamais de repos, une ardeur fiévreuse qui toujours dépasse les bornes du possible...Je voudrais tout savoir, tout analyser...poursuivie de je ne sais quel besoin inquiet de connaissance et de vérité que rien ne peut rassasier...Et puis tous les rêves du cœur, des besoins d’affection que rien ne satisfait, des unions d’âmes impossibles ici-bas...Je suis seule au monde, dans un amer isolement d’âme."(Notes intimes vol 2 n°151/01 page 3)

Peu de temps après, Anne-Eugénie va vivre dans la maison de sa cousine Madame Foulon.
"Un nouveau changement me mena près de femmes très pieuses, et ce fut là peut-être mon plus grand danger. Elles m’ennuyèrent, elles me parurent étroites, et quoique j’eusse repris près d’elles mes confessions annuelles de Pâques, jamais peut-être je n’eus si fort l’esprit du monde, et je ne fus si près de mépriser celui de Dieu."(Textes fondateurs page 101)
Dans cette nouvelle ambiance, il était habituel de suivre les conférences de Carême.
"Durant le Carême de 1836, j’assistais aux conférences du Père Lacordaire, à la cathédrale de Notre-Dame de Paris. Pour pouvoir être assises, nous sommes arrivées avec beaucoup d’avance de cette manière, j’ai pu préparer mon cœur et prier durant un long moment." (Volume 6 de ses écrits n°1509)

La parole ardente du Père Lacordaire rencontre un écho profond écho en Anne-Eugénie. "Qu’est-ce que l’être humain, d’où venons-nous ? Où allons-nous ? Quel est le sens de l’existence ?... (interprétation de la dernière conférence de Lacordaire en 1836)

"Votre parole répondait à toutes mes pensées, elle ranimait en moi cette idée du devoir, ce désir du bien, tout prêts à se flétrir en mon âme, elle me donnait une générosité nouvelle, une foi que rien ne devait plus faire vaciller." (Textes fondateurs page 101)

Lacordaire va lui ouvrir un nouvel horizon. Il fait partie des "catholiques libéraux", héritiers de la pensée de Lamennais. Ceux-ci rêvaient d’un monde plus juste, d’une transformation de la société selon l’Evangile.
Anne-Eugénie commence alors à découvrir ce qu’est le Règne de Dieu dont parle l’Evangile, cette petite semence qui grandit sans que l’on s’en aperçoive. Comment obtenir cela, elle si petite ?

Soudain un autre personnage apparaît dans sa vie, le Père Combalot, catholique libéral, lui aussi et prédicateur infatigable. Le père Combalot cherche une fondatrice pour une Congrégation moderne, consacrée à l’éducation des filles . Celui-ci croit que par l’éducation, on peut reconstruire une société plus évangélique. En voyant Anne-Eugénie, il comprend que c’est Dieu qui la lui envoie pour sa fondation.
Anne-Eugénie ne se voit pas fondatrice, cette perspective la remplit d’effroi, elle résiste et lutte intérieurement, mais elle a le courage de se mettre à l’écoute de son dessein le plus profond.
"Je rêvais d’être homme comme Lamennais avant sa chute, Lacordaire, Montalembert, et tous ceux qui avaient enflammé ma foi, pour que ma patrie revienne à la source de la vérité. Il y a un an je ne pensais pas du tout que moi, avec toutes mes faiblesses et misères, je pourrais participer à leur grandes destinées." (Interprétation Notes intimes vol.2 n°154-10)
"Depuis un an mon cœur battait au nom de mes contemporains, illustres défenseurs de la foi, Lamennais, avant sa chute, Lacordaire, Montalembert, et tous les autres, je rêvais d’être homme pour être comme eux grandement utile...Je ne pensais guère qu’il me serait peut-être donné à moi, pleine de misères et de faiblesses, de m’associer à leurs grandes destinées." (Notes intimes vol.2 n°154-10 page 30)

Désormais, sa vie change complètement d’orientation. Elle est vraiment convertie. Sa foi lui donne des ailes pour prendre une série de décisions qui la conduiront à la fondation de l’Assomption :
 ? Etudier à fond sa religion, mais non avec n’importe quel catéchisme...Elle choisit les auteurs les plus sûrs : St Thomas d’Aquin, St Alphonse-Marie de Liguorie pour la théologie morale. Elle étudie la Bible, elle apprend le latin pour pouvoir le lire dans le texte.
 ? Faire une expérience de vie religieuse qu’elle vivra d’abord avec les Bénédictines du St Sacrement, puis avec les Sœurs de la Visitation.
Bientôt elle pourra fonder l’Assomption. Ces paroles semblent solennelles, la réalité est bien différente...

Elles ne sont que deux sœurs à se réunir à Paris en 1839, dans un petit appartement très pauvre. Quelques mois plus tard, d’autres s’ajouteront. Apprendre à vivre comme des sœurs et pauvrement, n’est pas facile... Surtout quand le fondateur, le Père Combalot est un homme instable qui ne peut mener à bien le projet. Les relations entre le Père Combalot et la communauté se détériorent chaque jour davantage. Le Père dirige l’œuvre sans continuité et avec autoritarisme, il change souvent d’idée. Les sœurs ne savent plus quoi faire. Il essaye de séparer la communauté de la supérieure, finalement, c’est la rupture. Marie-Eugénie se retrouve seule une fois de plus, à la tête d’une œuvre encore bien fragile. Elle a 22 ans. Mais elle sait où elle veut aller. Plus que jamais elle sent sa faiblesse et son incapacité à mener à bien une pareille mission.

"J’ai l’âme trop faible pour la mission dont je suis chargée ; Quand je défaille, je m’abandonne entre les mains de Dieu et je m’efforce de faire par amour pour Lui, ma tâche de chaque jour, de L’aimer comme je suis à ce moment, et quand je ne comprends rien, de me confier en Celui qui comprend tout."(Lettres n°1555 -6 Juillet 1842 page 42)
Sa propre expérience lui dicte quelle est l’éducation dont on a besoin pour arriver à changer la société :
"Nous avions éprouvé que ce que les femmes acquièrent d’instruction est ordinairement tout à fait superficiel, sans utilité par conséquent pour leurs enfants et sans connexion avec leur foi. Nous savions surtout qu’elles ont des idées totalement fausses de leur dignité et de leur devoir, ayant honte de faire la moindre chose utile...attachant à leur position, à la fortune de leur mari un prix qui va jusqu’à la bassesse ; enfin quoique pieuses, très ignorantes de la nature de leur religion, de toutes ses vérités, de son histoire, de ce qui leur ferait comprendre l’esprit social chrétien."(Etudes d’archives n°5 page 70, Lettre au Père d’Alzon Juillet 1842)

Personne ne peut donner ce qu’il n’a pas. Marie-Eugénie et ses sœurs se mettent à suivre des études sérieuses.
"Pour rendre nos études chrétiennes, il fallait donc étudier sérieusement le Christianisme... Il fallait nous identifier à la vie spirituelle de l’Eglise, et développer la foi dans les choses de l’intelligence"(Lettre n°1556 Juillet 1842 page 48)
"Qu’est-ce qui coordonne les choses apprises, en un sens, c’est une philosophie, en un autre, plus large, c’est une passion. Mais quelle passion donner ? Celle de la foi, de l’amour, de la réalisation de l’Evangile." (Etudes d’archives n°5 page 79 Lettre au Père d’Alzon Août 1844)

1848 : surgit une autre Révolution. Cette fois, les "catholiques libéraux" y exerceront une réelle influence. Marie-Eugénie garde l’espérance de voir son grand désir réalisé : une société transformée grâce aux valeurs évangéliques ; Elle désire pour le gouvernement, de "vrais catholiques", "capables de suivre l’idéal d’une société chrétienne"
"Seul Dieu pourra nous donner ce gouvernement républicain qui sera comme nous l’avons rêvé, le meilleure moyen d’arriver à une société plus juste selon l’Evangile...Seuls les chrétiens possèdent un amour suffisant à l’égard du peuple pour travailler en sa faveur"(Etudes d’Archives n°5 page 83 Juin 1848)
Malheureusement, la révolution prend un autre chemin. La déception de Marie-Eugénie fut plus grande que ne fut son enthousiasme.
"Tout républicains que nous sommes, il faut s avouer une chose, c’est que les républicains de la veille étaient tous des hommes peu capables, peu pratiques, peu sensés ou de peu de moralité dans la vie privée...Je connais depuis trop longtemps mes chers amis les républicains pour ne pas m’être attendue, dès le début, à quelque despotisme et d’irréligion de leur part.... Les républicains tueront la République." (Etudes d’archives n°5 pages 82-83 Mai 1848)
Les changements politiques, les gouvernements successifs conduiront Marie-Eugénie à la conviction profonde qu’elle eut un jour en entrant à Notre-Dame. Là même où la parole de Lacordaire lui avait permis d’ouvrir les yeux à la Foi, elle fait l’expérience d’un profond recueillement :
"Jusqu’alors, je ne voyais que le règne temporel de Jésus-Christ. Mais Lui, voyait son Règne intérieur en moi. (Etudes d’archives n°1 page 27 au Père d’Alzon 1843)
Elle se rend compte que ce Règne n’est pas une idée, ni un système politique, ni non plus quelque chose qui se réalisera à la fin de notre vie. Non, le Règne c’est une personne, Jésus-Christ qui prend progressivement possession de nous et nous transforme pour réaliser, à travers nous, son projet d’une société basée sur la justice, le vérité, l’amour.

Quelques années plus tard, voici comment elle exprimera la conviction de toute sa vie :
"Le Règne de Jésus-Christ...C’est pour cela que je suis Religieuse de l’Assomption. Je ne devrais rien faire, ni rien dire qui n’ait comme but d’étendre le Règne." (Etudes d’archives n°1 page 34 Retraite Septembre 1878)

Cette forte conviction la conduira à la mettre en œuvre d’une manière très audacieuse :  ? Etendre le Règne jusque dans des terre lointaines, d’abord en Afrique du Sud. Et malgré l’échec de l’expérience, Marie-Eugénie continuera cependant à fonder des Communautés et des écoles en France, Angleterre, Italie, Espagne et même aux Philippines et au Nicaragua. Rien n’arrête son élan missionnaire, même si une fondation en Nouvelle Calédonie ne peut être poursuivie.
 ? Continuer à se préoccuper de la question sociale : En 1870 le société est secouée par la guerre avec la Prusse, la défaite et l’invasion du pays, la Commune, les divisions internes, la peur, l’émergence de la classe ouvrière, l’impiété persistante, l’abandon dans lequel se trouvent les ouvriers.

Marie-Eugénie est très déçue par la classe politique. Celle-ci loin de construire la "Cité de Dieu" ne fait que répéter et perpétuer les excès de la Révolution. Elle se demande ce qu’il faut faire et en 1872 elle écrit : "Si les Religieux se proposaient aujourd’hui pour évangéliser les quartiers pauvres, ils seraient reçus avec bonheur par l’autorité. En vérité, peu nombreux sont les Religieux qui ont choisi cet apostolat et ont accepté cette mission." (Etudes d’archives n°4 page 80 au Père d’Alzon 1872)
Elle insistera dès le début pour que les élèves des établissements participent à cet engagement.
Les difficultés sont parfois tellement grandes, qu’elle ses sent écrasée...C’est alors qu’elle trouve un grand appui, d’une part dans l’amitié de Soeur Thérèse Emmanuel, une des premières sœurs qui sera Maîtresse des novices pendant 40 ans, et d’autre part, auprès du Père d’Alzon, fondateur en 1845 des Pères de l’Assomption, qui accompagnera Marie-Eugénie, dès les premières années.
Marie-Eugénie et Emmanuel d’Alzon s’appuyèrent l’un sur l’autre dans leurs fondations réciproques, à tel point que le Père s ‘exprimera ainsi à la fin de sa vie :
"Si j’ai donné quelque chose, j’ai aussi énormément reçu... Nous avons acheté dans le sud de la France une petite propriété où se trouvent deux ravins. Chacun a une petite source qui aboutit à un ruisseau commun. Quand les eaux sont mêlées, qui peut dire où est la véritable origine du ruisseau ?" (Etudes d’archives n°4 page 73 Père d’Alzon en 1871)

L’autre grand appui de sa vie est sa Foi en Dieu. Elle apprend à s’abandonner entre ses mains, car "jamais main plus amoureuse ni plus sage ne saurait conduire nos destinées." Quand à la fin arrive le moment où elle peut remettre sa charge, ses simples paroles expriment tout le chemin parcouru et sa confiance totale en Dieu :
"Je n’ai plus qu’à être bonne maintenant !"(1894)

Elle peut contempler l’œuvre que le Seigneur a faite à travers elle, l’Assomption s’est étendue au-delà des mers, jusqu’aux Philippines, et au Nicaragua.
Elle a fondé plus de 30 Communautés : Maisons de Prière ou Ecoles dans 9 pays sur les 5 continents.
Marie-Eugénie peut rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il a fait à travers sa petitesse et sa faiblesse. Au cours de ses dernières souffrances, elle regarde souvent le crucifix et murmure :
"Comme en Le regardant, on apprend à aimer !"

Finalement, le 10 Mars 1898, Marie-Eugénie de Jésus abandonne son âme à Dieu dans la paix, au monastère d’Auteuil.

La mission que Dieu lui a confiée est accomplie :
Etre la femme de Foi que Dieu voulait qu’elle soit, avec le plus de plénitude possible.
Oui, réellement, "Elle a osé la Sainteté" comme le disait Paul VI dans l’homélie de sa Béatification en 1975.

Et nous ? Oserons-nous aussi la Sainteté ?

Nous risquerons-nous à "être en plénitude ce que nous sommes" ?

Le chemin pour y arriver est celui de la réalité quotidienne, puisque c’est dans cette réalité que Dieu nous parle, nous attend. Il peut y avoir beaucoup d’obstacles sur le trajet, mais cela ne nous empêche pas d’arriver au but.

Nombreux peuvent être les points d’appui :
 ? Nouer des amitiés fidèles qui nous soutiennent et nous engagent...
Plût à Dieu que cela soit vécu par les couples !
 ? Ouvrir les fenêtres sur le monde pour compatir à sa souffrance ;
ne jamais se coucher sans avoir partagé quelque chose avec un frère.
 ? Se laisser aimer par Dieu dans toutes les circonstances de la vie, dans la confiance que sa main nous guide, qu’Il conduit nos vies.
 ? Ne pas oublier le secret de Marie-Eugénie qui fut celui de toute sa vie :
"Mon regard est tout en Jésus-Christ et à l’extension de son Règne." (Au Père Lacordaire 1844)

"L’amour ne dit jamais c’est assez."

"Aucun de nos efforts ne doit être le dernier." (1842)

"Le monde n’est pas assez grand pour mon amour." (1837)

Avec ces orientations, Marie-Eugénie ne perdit jamais sa route... Elle se fatigua, elle fit très souvent l’expérience de sa faiblesse, mais jamais elle ne renonça à avancer.

C’est pour cela qu’aujourd’hui, l’Eglise la proclame SAINTE et nous propose son chemin de vie.

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01/12/2005
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