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Une conviction à partager
"Condamne-t-on un homme sans qu’on l’entende ?" (Cf. Jn 7, 51). Comme beaucoup - catholiques et autres - j’avais gardé du Cardinal Ratzinger l’image que les médias nous avaient servie. Le soir du 19 avril, 5 ou 6 de ses livres entraient déjà en circulation. J’allais juger par moi-même.
Retour de Cologne ce dimanche 21 août. Dans la voiture, trois "mages" qui partagent spontanément ce qui émerge d’une expérience inédite. L’un des trois évoque le geste de la main de Benoît XVI lorsqu’il s’adressait à ces jeunes. Si vous avez une vidéo ou un autre enregistrement, regardez-le : un geste puissant, expressif de sa main droite.
Le Pape fait passer toute une conviction dans les gestes de sa main. Une conviction car il n’a qu’une seule : le BONHEUR de "découvrir le visage authentique de DIEU qui se dévoile à nous en JÉSUS-CHRIST", de le trouver aujourd’hui dans l’Eucharistie et de l’annoncer ensemble. Il est "urgent" que nous partagions ce trésor !
Pourquoi ? À cause de DIEU lui-même car c’est sa joie de rencontrer ses enfants. A cause d’eux, ses enfants, car "là où DIEU n’occupe la 1ère place, là où il n’est pas reconnu et adoré... la dignité de l’homme est mise en danger" (in "A Cologne, une expérience ecclésiale extraordinaire" : Paroles de Benoît XVI avant l’Angélus du 28 août 2005).
Pourquoi toi, non jeune d’âge, as-tu choisi d’aller à Cologne ? Ce pèlerinage était surtout pour supporter le Pape dans son 1er grand défi à l’extérieur ; pour fraterniser avec le peuple allemand - et là, ils se sont dépassés eux-mêmes par la qualité et le concret de leur accueil - ; et aussi, pour vivre avec les Jeunes cette "expérience ecclésiale"dans la famille de Dieu rendue étonnamment visible.
Pèlerinage guidé par une étoile : une mise en route, un chemin, une recherche obstinée qui se muent en chemin intérieur, "pèlerinage intérieur qui s’appelle adoration", qui nous change "pour vivre selon le mode de DIEU, le style de DIEU" et trouver ainsi la route du bonheur. Une conversion personnelle est le cadeau inestimable reçu à Cologne.
L’étoile - étoile qui s’efface pour faire place à l’Etoile - : un homme en blanc, fragile, qui partage la foi qui le tient chevillé à ce DIEU surprenant qu’il proclame avec un enthousiasme contagieux ; ce DIEU dont il affirme être d’une jeunesse, d’une beauté, d’une nouveauté radicales. Une foi qui le maintient aussi, solidaire de cette humanité dont il sait que seulement « l’amitié avec le Christ déverrouille les grandes potentialités ».
Une foi déterminée, engageante à aller jusqu’au bout de la responsabilité personnelle, qui invite à aller de l’avant avec le Christ.
"...Notre tâche chrétienne est tout aussi simple qu’elle est grande : il s’agit de témoigner de DIEU...", écrivait le Cardinal Ratzinger au seuil du IIIème millénaire (Faire route avec Dieu, pp 269-270).
Et il poursuit : "Le christianisme n’est pas une philosophie compliquée et vieillie ; il n’est pas un bagage de dogmes et de prescriptions. La foi chrétienne signifie être touché par DIEU et témoigner de Lui... L’Eglise est là pour que le Dieu vivant soit annoncé, pour que l’homme puisse apprendre à vivre avec Dieu, sous son regard, en communion avec Lui ... L’Eglise n’est pas là pour elle-même mais pour l’humanité. Elle est là pour que le monde devienne un espace pour la présence de Dieu, un espace de l’Alliance entre Dieu et l’homme".
Le 14 août 2005 - cinq ans plus tard - Benoît XVI accorde un entretien à Radio Vatican : A Cologne "je voudrais faire comprendre aux jeunes que c’est beau d’être chrétiens ! L’idée largement répandue est que les chrétiens doivent obéir à d’innombrables commandements, interdits, ... que par conséquent, le christianisme est épuisant, difficile à vivre. ... Je voudrais leur faire comprendre qu’être soutenu par un grand Amour et par une révélation ce n’est pas un fardeau : cela donne des ailes et que c’est beau d’être chrétien...".
Des ailes ! Ce que semblait avoir le Pape saluant cette foule avec laquelle le courant est passé comme a priori. "Cherchez toujours sa face" (Ps 104/103). La découverte du "visage de DIEU" ne s’épuise jamais. Plus nous entrons dans la splendeur de l’amour divin, plus il est beau de progresser dans la recherche, si bien que ‘dans la mesure où l’amour grandit, grandit aussi la recherche de Celui qui a été trouvé’" - affirme Benoît XVI citant son maître St Augustin. Et il achève le partage de son expérience de Cologne : "Telle est l’expérience à laquelle nous aspirons au plus profond de notre cœur... Que nous l’obtienne l’aide maternelle de Marie, l’Etoile de l’Evangélisation".
Sr María Magdalena r.a.
Auteuil, 21 septembre 2005
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