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Rue de Vaugirard (Visitation)

N° 110 : Monastère de la Visitation

Dans la chapelle, souvenir particulier de Mère Thérèse Emmanuel.

ORIGINES I - édit. 1898, p. 380 et sq.
“Au milieu des joies et des peines de ces commencements, sœur Thérèse Emmanuel devenait de plus en plus une âme de prière. Pendant la nuit de Noël 1840, le ciel sembla s’ouvrir, et pour la première fois elle entendit cette voix divine qui devait si souvent retentir à ses oreilles. “Je n’ai jamais connu d’âme à qui Dieu ait tant parlé”, nous disait plus tard Monseigneur Gay, devenu son directeur.
Les Sœurs étaient allées assister à la messe de minuit dans la chapelle de la Visitation, rue de Vaugirard. C’est là que Dieu fit entendre sa voix, et sa première parole fut une parole d’anéantissement : il fallait tout détruire pour tout reconstruire. Au retour, émue et tremblante, sœur Thérèse Emmanuel vint trouver la Mère Eugénie, essaya de dire ce qu’elle avait vu et entendu ; mais nulle expression ne pouvait rendre sa pensée. “Je compris, dit notre Mère, que quelque chose de divin venait de se passer : c’était Dieu prenant possession de sa créature par une de ces grâces qui changent toute une vie ; je demandai à la sœur d’écrire ce qu’elle ne pouvait exprimer, et voici ce qu’elle écrivit :
“La veille de Noël 1840, ayant instamment demandé à Notre-Seigneur qu’il me fît renaître à une nouvelle vie, j’eus une vue puissante qui m’enseignait les desseins de Dieu sur moi. Mon âme était dans un silence très grand, tout attentive aux paroles qu’elle entendait. Ces paroles lui disaient que la naissance de Jésus en elle aura lieu lorsqu’elle sera comme une étable déserte dont les hommes auront perdu la route, et qui, ruinée et ouverte de tous les côtés, n’oppose aucune barrière aux vents du ciel... Pendant la messe de minuit, du Gloria in excelsis à l’élévation, je n’entendis que ces mots : “Gloire ! gloire ! gloire !... Ma gloire n’est à personne. Je suis ma gloire !... Une de mes pensées est ma gloire, mon Verbe est ma gloire ! Quelle gloire l’Être Infini peut-il tirer du fini, l’Immense du limité, l’Éternel du créé ?... Ma gloire est complète dans mes perfections. Quand Dieu, dans la plénitude de son Être, rencontre la créature dans la limite de son néant, il ne peut y avoir d’autres rapports que l’anéantissement de cet être d’un jour devant l’Être de l’éternité.”
“Substantia mea tanquam nihilum ante te - Mon être est comme rien devant toi...” Dieu me fit connaître que le développement de mon être pour sa gloire ne lui en donne, pour ainsi dire, aucune qu’il ne possédât point ; mais ce qu’il ne peut prendre parce qu’il nous l’a donnée, c’est notre liberté. Et quand la créature la rend à Dieu, elle lui fait un don en sa possession, et en dehors de la propriété de Dieu même. Ce don honore Dieu d’une manière pleine, c’est-à-dire à l’égal de ce que la créature est devant lui et dans l’étendue de sa capacité...”

>> De retour à Auteuil, au "17" rue de l’Assomption

01/12/2004
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