Pentecôte
Aucun homme n’est plus laissé à ses propres forces. Intelligence de la foi et force dans le témoignage sont les effets du don de l’Esprit.
Les Actes des Apôtres raconte une manifestation spectaculaire de l’Esprit Saint sur les disciples réunis. Il y a d’abord du ciel un bruit pareil à celui d’un violent coup de vent, puis comme une sorte de feu qui se partageait en langues : deux comparaisons pour tenter de dire l’ineffable de l’initiative divine. Tous, sans exception, sont remplis d’Esprit Saint et reçoivent la faculté miraculeuse de parler en d’autres langues. Le don des langues est doublé de celui de se faire comprendre des auditeurs, chacun selon son propre idiome maternel. Unité et mission, communion et ouverture sont les effets du don de l’Esprit.
Paul met en antagonisme la chair et l’Esprit, l’être humain laissé à ses propres ressources et guetté par le péché et l’être humain qui vit sous la conduite de l’Esprit, sous son impulsion. Si la chair, la condition humaine avec sa finitude et ses limites, est faible, elle perd en revanche ses effets maléfiques lorsque le croyant se laisse mouvoir par l’Esprit. Le baptisé a donc la responsabilité de se laisser guider par l’Esprit. S’il fait ce choix, s’il marche sous l’influence de l’Esprit, il trouvera dans la charité un principe d’unification intérieure. Il ne sera plus divisé intérieurement, ballotté entre de multiples désirs contradictoires. Il ne vivra plus sous l’emprise d’une loi extérieure qu’il n’arrive jamais complètement à accomplir mais avec la force intérieure de l’Esprit. Et Paul de conclure alors : Puisque l’Esprit nous fait vivre, laissons-nous conduire par l’Esprit. Vie et transformation de la personne sont les effets du consentement à l’Esprit.
Enfin l’Évangile de Jean définit l’Esprit comme défenseur et Esprit de vérité. L’Esprit poursuit l’œuvre de Jésus : révéler aux hommes le mystère de Dieu. Il est celui qui continue d’enseigner les disciples. Il guide le croyant vers la vérité, une intelligence pratique et existentielle de la Bonne Nouvelle. Il est cette présence intérieure qui le transforme. Ainsi aucun homme n’est plus laissé à ses propres forces. Intelligence de la foi et force dans le témoignage sont les effets du don de l’Esprit. Les textes bibliques insistent donc sur la puissance agissante de Dieu en nous, pour peu que nous consentions à nous laisser faire. Demandons donc les uns pour les autres, la grâce d’un humble accueil du don de Dieu pour que nous ne soyons pas livrés à notre propre inconsistance ou faiblesse mais puisions dans cette présence intérieure qui nous anime la force d’aimer et de rester fidèle, de vivre librement par amour de Dieu et des autres.
Sophie Ramond, RA
Province de France
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