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Je profite de cet espace de Fratcom consacré aux articles divers pour partager mon expérience des études de cette année académique 2008-2009. Je dis un sincère merci à sœur Céline Fidélia et tout son Conseil pour cette opportunité qui m’a été offerte. Merci à chacune de vous pour avoir participé de quelque manière pour le vécu de cette expérience.

L’expérience durant cette première année dans l’Institut Supérieur des Sciences Religieuses et Pédagogique (ISSPR) a été très riche et très belle pour moi : expé­rience de fraternité en inter congrégation à travers les travaux de recherches en grou­pes et les différentes activités du CELAF, expérience d’un approfondissement de ma foi à travers les cours en sciences religieu­ses, découverte en sciences pédagogiques en lien avec la visée éducative de Mère Marie Eugénie. Comme vous pouvez le constater, l’expérience est très variée. Je partagerai ici mes découvertes sur l’éduca-tion au contact des sciences pédagogiques.

Les matières qui composent la rubrique sciences pédagogiques sont : la Pédagogie Générale, la Psychologie, la Sociologie, la Didactique, un micro enseignement, un séminaire sur esprit, pratique et langage de l’éducation, Toutes ces matières m’ont permis de prendre davantage conscience de l’importance de l’éducation dans la vie de toute personne. C’est elle en effet qui construit et solidifie la personne dans son processus de développement, lui donne de prendre sa place dans la société et de s’y engager fermement. J’ai approfondi plus en détail la nécessité d’une prise en compte de toutes les dimensions de la personne dans le processus d’éducation. Cela m’a donné aussi de faire le lien avec nos désirs dans notre mission éducative : l’éducation intégrale des jeunes. Avoir confiance en la personne, croire qu’il y a déjà et toujours du bon en elle, sont des éléments de base pour aller loin et même jusqu’au bout d’une entreprise d’éducation. A cette bonne volonté de l’éducateur s’ajoute sa capacité à susciter un grand intérêt et un engagement au niveau de l’apprenant.

Dans mon expérience, j’ai approfondi également l’importance pour l’éducateur de tenir compte de la grâce et de la forme particulière de chaque apprenant dans le processus d’éducation tout en l’aidant à déployer cela dans la ligne de ce qui lui est proposé comme formation. L’expérience du micro enseignement (chaque étudiant prépare un cours dans une matière de son choix et se met en situation d’enseignement) m’a permis de voir comment certaines méthodes pédagogiques aident à cela. A ce niveau, j’ai découvert qu’il ne s’agit pas d’avoir des recettes du ‘comment enseigner’ pour être bon éducateur. En plus des capacités professionnelles et intellectuelles, il faut avoir un esprit, un amour profond des apprenants, une capacité à rentrer en relation avec eux, en un mot, il faut posséder des valeurs humaines. J’avais été surprise de l’insistance des professeurs, dans toutes les matières que j’ai citées plus haut, à présenter l’éducateur comme une personne équilibrée. Cet équilibre lui permet de vivre une bonne relation avec les apprenants, les autres partenaires de l’éducation mais aussi une bonne relation avec le savoir pour mieux le transmettre. Comme le dit Marie Eugénie, il faut se nourrir de lumière pour donner la lumière. L’éducation, c’est tout un art, elle ne s’improvise pas. C’est le lieu où l’on forme et se forme continuellement. Je découvre que s’engager pour éduquer demande d’être exigent, d’abord avec soi-même et ensuite avec l’autre, elle demande aussi une dose d’humilité, de simplicité, de bonté, comme le conseille Marie Eugénie. Seul, on n’y parvient pas. C’est avec d’autres, chacun apportant sa contribution, qu’on peut aider l’éduqué à prendre sa forme particulière peu à peu. Cet aspect de la collaboration dans la tâche éducative a été un point d’approfondissement pour moi tout au long de l’année ayant fait une petite expérience à Koudougou pendant l’année apostolique.

La nécessité d’une communauté éducative forte est une force pour une bonne éducation. J’ai pu approfondir la place et le besoin d’un réel engagement de chaque partenaire (Ministère de l’Éducation, Administration de l’Établissement, enseignants, parents, élèves...) dans cette tâche.

Les débats pendant le séminaire ainsi que les travaux de recherches sur les grandes questions de l’éducation m’ont permis de comprendre davantage que le développement, la paix, la responsabilité, la bonne gestion des biens publics, etc. sont les fruits d’une éducation intégrale des personnes. La crise de l’éducation est en partie la cause des maux que connaissent nos sociétés aujourd’hui. Il y a nécessité pour nos États de réinventer, avec beaucoup de créativité, le système éducatif pour prendre en compte toutes les dimensions de la personne dans la formation.

Cette expérience a été pour moi l’occasion de découvrir et d’approfondir certaines richesses de l’héritage que Mère Marie Eugénie nous a laissé en matière d’éducation car c’était un va et vient continuel entre ce que je reçois et la petite expérience déjà faite. Rendons grâce à Dieu pour cette merveilleuse femme dont les idées répondent aux besoins de nos sociétés aujourd’hui et profitons-en pour faire des jeunes qui nous sont confiés des hommes et des femmes responsables pour que nos sociétés deviennent des lieux de Gloire pour Dieu.

Clarisse
Communauté du Juniorat

01/12/2008
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