Noël
Epiphanie : 7 janvier 2007
Le récit de Matthieu parle de “mages venus d’Orient”, qui ont vu se lever l’étoile annonciatrice de l’avènement du roi des juifs. Ils arrivent à Jérusalem et s’informent. Le roi Hérode s’en émeut et la ville avec lui. Le sanhédrin examine les Ecritures, lit les prophéties concernant le Messie et reconnaît le lieu de sa naissance. Mais il ne bouge pas. Hérode se dissimule pour interroger les mages et feint de vouloir les suivre. Sa ruse laisse pressentir le drame de la Passion. Les mages, réorientés par l’Ecriture, retrouvent l’étoile, qui leur désigne un logis. Ils entrent et offrent leurs présents : l’or pour honorer le roi, l’encens un Dieu, la myrrhe celui qui connaîtra la mort, mais en sera vainqueur. Par leurs dons, les mages reconnaissent le roi dont le royaume est autre. Un songe de Dieu les avertit de repartir par un autre chemin. Mais ils ont ouvert, pour tous, l’accès au chemin de Dieu.
Saurons-nous nous mêmes suivre l’étoile, aller à la rencontre du Messie d’humilité ? Saurons-nous, comme les mages, entendre les Ecritures et les mettre en pratique, de sorte que nos chemins de vie ne soient pas oscillants au gré des circonstances extérieures, obstrués par les habitudes ou la peur ? Saurons-nous emprunter ce chemin intérieur d’humilité et de foi , qui nous fera discerner la présence de Dieu dans des signes fragiles et discrets, parfois inattendus ? Notre Dieu ne s’impose pas : Il se révèle dans la faiblesse d’un enfant, dans l’acceptation confiante et silencieuse du crucifié... Les mages ont du l’apprendre ; leur changement d’itinéraire suggère qu’ils sont devenus “autres”. Et ils témoignent que, par ce chemin intérieur, nous recevons d’un Autre plénitude de vie, la joie de Sa Présence.
Sainte Famille : 31 décembre 2006 - Méditation sur la première lettre de saint Jean
Bien-aimés...
Voyez comme il est grand, l’amour dont le Père nous a comblés. Don d’amour prodigieux du Père manifesté en Jésus : Dieu amour qui envoie son fils, manifestation de cet amour. Don d’amour du Christ, Lui qui ayant aimé les hommes les aima jusqu’au bout. Jusqu’au don de sa vie.
Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu et nous le sommes. Enfants de Dieu, engendrés du Père, tels nous serons. Réalité du don présent comprise dans son devenir. La filiation, notre condition d’hommes, déterminée par un au-delà qui lui donnera sa pleine expression. Croyant, nous devons espérer.
Nous le savons : lorsque le Fils de Dieu paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. Voyez ! (v. 1) Nous le verrons... (v. 3) : voilà la foi, voilà l’espérance. Voilà comment demeurer en Lui. Voir des yeux intérieurs l’Invisible comme s’il était visible.
Mes bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous nous tenons avec assurance devant Dieu, et tout ce que nous lui demandons, il nous l’accorde... Invitation à nous tourner vers l’intérieur du cœur et à discerner si le coeur accuse ou s’il est accordé aux voies de Dieu. Regard intérieur sur soi-même, dialogue intérieur avec Dieu, instant de vérité qui nous dévoile notre qualité d’ajustement à Dieu. Sachons en demander la grâce. Et l’audace de l’enfant de Dieu qui peut tout demander parce qu’il a confiance.
Voici son commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé. La voie de l’amour est unique : croire en Jésus-Christ et garder les yeux fixés sur Lui. L’amour premier et parfait de Dieu manifesté en son Fils est la référence de tout amour mutuel. Amour de Dieu vérifié dans l’amour des frères. Amour de Dieu, amour pour Dieu, amour mis en œuvre par l’Esprit dans les croyants appelés à s’aimer les uns les autres.
Et celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui, et nous reconnaissons qu’Il demeure en nous, puisqu’Il nous a donné son Esprit. Le signe auquel les croyants reconnaissent qu’ils sont passés de la mort à la vie, c’est l’amour des frères, inséparablement foi et amour. Notre véritable demeure, notre lieu fixe. Dieu communion en qui nous sommes introduits.
Noël : 25 décembre 2006 - Voici l’homme...
Au commencement était le Verbe, la Parole de Dieu. Avant même que le monde soit crée, depuis toujours était le Verbe, le révélateur suprême du Père, le don ultime de Dieu.
Et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Proche de Dieu, Dieu lui-même, le Fils préexistant qui vit en unité avec le Père. Dieu communion.
Par lui, tout s’est fait, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. Par lui tout advint, le maître d’œuvre de la création, le médiateur par qui les êtres créés vinrent à l’existence. Lui en dehors de qui rien ne peut exister.
En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. Révélateur du Père et révélateur des hommes. Vrai visage de Dieu et vrai visage de l’homme. Lumière et vie de l’homme. Celui qui est et par qui tout ce qui vit tient l’être. Lui sur qui fixer nos regards pour comprendre notre destinée humaine. Vraie lumière qui a le pouvoir de faire sens et qui donne à chacun la compréhension de soi.
La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas arrêtée. Verbe-lumière, Il éclaire nos pesanteurs humaines, traverse l’opacité de nos ambiguïtés, révèle à la lumière nos péchés, nos penchants mortifères, nos mensonges, nos jalousies obscures, nos soifs de pouvoir masquées, nos servitudes... Nos ténèbres ne l’arrêtent pas, elle ne lui font pas peur, elles ne le mettront pas en échec... pour peu que subsiste une brèche par où la lueur de son feu purificateur puisse s’infiltrer.
Tous ceux qui l’ont reçu, ceux qui croient en son nom, il leur a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu. Dieu consacré pour tous les hommes. Dieu prenant l’initiative et n’attendant que la réponse de l’homme. Grâce sur grâce pour l’humanité. L’interprète du Père ouvre le chemin aux hommes. Il leur montre la voie. Il espère leur foi, leur confiance. Amen ! Ferme est le salut qu’Il apporte à l’humanité.
Et le Verbe s’est fait chair. Dieu se fait proximité aimante et présence au sein de la création et de l’humanité. Inouïe, merveilleuse irruption du divin dans le monde. Voici l’homme.
Sr Sophie Ramond, ra
01/12/2005
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