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La veillée à l’église Saint Ignace

 

Le samedi soir, rendez-vous est, cette fois, à l’église Saint-Ignace, bel édifice de style baroque, assez vaste pour accueillir plusieurs milliers de personnes. Le curé a mis son église à la disposition de l’Assomption : gratuitement, tout comme la veille au Palazzo dello Sport. Mère Marie-Eugénie n’oubliera pas tous ces amis si généreux et fraternels, rencon­trés un peu partout sur notre route. Parmi eux, une soixantaine de familles romaines qui ont hébergé des pèlerins ne faisant partie d’aucun groupe. Nul n’oubliera leur hospitalité si cordiale.

L’église est grande. Ce qui manque cependant, comme dans la plupart des églises romaines, ce sont les chaises. Peu importe ! Les jeunes s’asseyent par terre, un peu partout : c’est tout profit, pour la place qu’on récupère, et pour l’ambiance qui y gagne en simplicité et en joie communicative  !

Comme la veille, le meneur est le Père Maindron aidé cette fois de John Littleton : fils d’un pasteur de la Louisiane, il est devenu catholique et s’est établi en France avec sa famille. Il chante à travers le monde un message enthousiaste de paix, de fraternité et d’amour, avec sa voix chaleureuse.

Le cardinal Marty est là, ainsi que les cardinaux Guyot (de Toulouse, frère de Soeur Marie Bernard), Taracon (Madrid), plusieurs évêques, des supérieures générales et supérieurs généraux, l’ambassadeur de France auprès du Saint Siège et sa femme Madame Amanrich. Pourquoi ces présences nombreuses, ces déplacements tardifs et fatigants ? Tout simplement, parce qu’on est ami de l’Assomption et qu’on se réjouit de la Béatification du lendemain !

Tandis que la foule prend place, l’orgue joue en sourdine, nous invitant au recueillement et à l’écoute intérieure : Jésus-Christ, aujourd’hui encore, libère l’homme et l’appelle à la sainteté. C’est parce que nous y croyons que nous sommes là ce soir.
L’excellent organiste de cette veillée est Georges Mâle, collaborateur de John Littleton depuis de longues années.
Un jeu sonore de trompettes apporte son éclat joyeux.

Puis le meneur prend la parole :
« Frères, voici le jour que le Seigneur a fait pour nous : réjouissons-nous et vivons-le dans l’allégresse !
- Nous nous sommes rencontrés, nous nous sommes écoutés, nous avons partagé déjà.
« Ce soir, l’Esprit fait de nous le peuple de Dieu, l’Église attentive à la voix du Christ, à sa présence aujourd’hui dans le coeur des hommes, comme dans la vie de Marie Eugénie. »

Alors John Littleton entonne le chant « Donne-moi la main, mon frère  » : toute l’assemblée est debout, les mains levées, chacun tenant celle de son voisin. L’ensemble est saisissant. Ce geste nous aide à prendre conscience de notre fraternité universelle d’enfants de Dieu. Ni la violence ni la guerre, ni l’injustice ni le racisme ne pourront détruire ce que Dieu a mis dans le coeur de l’homme. L’amour restera plus fort que la haine :

1) Donne-moi la main, mon frère, frère
Donne, donne-moi, donne-moi la main, ô mon frère.
Marchons ensemble, mon frère, frère,
Marchons, marchons tous, marchons tous ensemble, ô mon frère.

2) Que toutes les races partagent leurs peines,
Car nous sommes tous des frères, frères,
Oui, nous sommes tous les enfants du Bon Dieu.

3) Donnez-vous la main, tous ceux qui s’aiment,
Donnez, donnez-vous, donnez-vous la main, ô mes frères.
Vivons ensemble, mes frères, frères, dans l’unique espoir, mes frères, frères,
Il n’y aura plus de misère sur terre, ô mes frères.

4) Et que le monde entier vive dans l’espérance
De voir entre les hommes amour et espérance,
Car nous sommes tous des frères, frères,
Oui, nous sommes tous les enfants du Bon Dieu,

L’assemblée se rassied, et chante avec John Littleton le beau refrain, recueilli et implorant :
Viens sur la terre, Dieu de pitié,
Donne ta lumière, viens nous sauver !

Tandis que le chant se prolonge en sourdine, l’animateur reprend :
Aujourd’hui, dans les groupes, quelqu’un a dit :
II y a tant de mal, tant de souffrances dans le monde... : et Dieu, où est-il ?
On entonne le couplet :
Viens allumer l’espérance, Viens nous combler de ta joie. Viens expliquer nos souffrances, Viens ranimer notre foi.
L’animateur poursuit :
Aujourd’hui, quelqu’un a dit : Gloire à toi, Seigneur, pour le courage de ceux qui vivent l’Évangile au risque de leur liberté  !
Et la foule chante le couplet suivant :
Viens nous montrer ton visage, Viens nous donner ton amour. Viens dissiper nos mirages, Viens te montrer au grand jour.

Puis c’est la lecture de l’Évangile (Luc, 24, 13 et suivants) :
Deux disciples marchaient vers Emmaüs. Jésus en personne s’approcha et fit route avec eux. Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître. Jésus leur dit : « Esprit lents à croire ! Ne fallait-il pas que le Christ endurât ces souffrances pour entrer dans la gloire ?
Quand ils furent près du village, ils lui dirent : Reste avec nous, car il se fait tard. »Ils le reconnurent à la fraction du pain.

Pendant une minute, l’assemblée médite en silence. Puis le meneur enchaîne :
Sur la route de chacun d’entre nous, marche Jésus, voyageur inconnu... ou reconnu. II nous unit.
Ce soir, nous fêtons sa présence sur toutes les routes des hommes. Christ vivant jadis dans le coeur des chrétiens des catacombes  ! Christ vivant hier en Marie Eugénie. Christ vivant aujourd’hui d’un bout du monde à l’autre !
La foule se lève et chante avec John Littleton l’éclatant Resucito espagnol.

 
 
01/12/2004
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