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- Samedi 8 février 1975
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La veillée à l’église Saint Ignace
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Le samedi soir, rendez-vous est, cette fois, à l’église Saint-Ignace, bel édifice de style baroque, assez vaste pour accueillir plusieurs milliers de personnes. Le curé a mis son église à la disposition de l’Assomption : gratuitement, tout comme la veille au Palazzo dello Sport. Mère Marie-Eugénie n’oubliera pas tous ces amis si généreux et fraternels, rencontrés un peu partout sur notre route. Parmi eux, une soixantaine de familles romaines qui ont hébergé des pèlerins ne faisant partie d’aucun groupe. Nul n’oubliera leur hospitalité si cordiale. L’église est grande. Ce qui manque cependant, comme dans la plupart des églises romaines, ce sont les chaises. Peu importe ! Les jeunes s’asseyent par terre, un peu partout : c’est tout profit, pour la place qu’on récupère, et pour l’ambiance qui y gagne en simplicité et en joie communicative ! Comme la veille, le meneur est le Père Maindron aidé cette fois de John Littleton : fils d’un pasteur de la Louisiane, il est devenu catholique et s’est établi en France avec sa famille. Il chante à travers le monde un message enthousiaste de paix, de fraternité et d’amour, avec sa voix chaleureuse. Le cardinal Marty est là, ainsi que les cardinaux Guyot (de Toulouse, frère de Soeur Marie Bernard), Taracon (Madrid), plusieurs évêques, des supérieures générales et supérieurs généraux, l’ambassadeur de France auprès du Saint Siège et sa femme Madame Amanrich. Pourquoi ces présences nombreuses, ces déplacements tardifs et fatigants ? Tout simplement, parce qu’on est ami de l’Assomption et qu’on se réjouit de la Béatification du lendemain ! Tandis
que la foule prend place, l’orgue joue en sourdine, nous invitant au recueillement
et à l’écoute intérieure : Jésus-Christ, aujourd’hui
encore, libère l’homme et l’appelle à la sainteté.
C’est parce que nous y croyons que nous sommes là ce soir. Puis
le meneur prend la parole : Alors John Littleton entonne le chant « Donne-moi la main, mon frère » : toute l’assemblée est debout, les mains levées, chacun tenant celle de son voisin. L’ensemble est saisissant. Ce geste nous aide à prendre conscience de notre fraternité universelle d’enfants de Dieu. Ni la violence ni la guerre, ni l’injustice ni le racisme ne pourront détruire ce que Dieu a mis dans le coeur de l’homme. L’amour restera plus fort que la haine : 1) Donne-moi la main, mon frère, frère 2) Que toutes les races partagent leurs peines, 3) Donnez-vous la main, tous ceux qui s’aiment, 4) Et que le monde entier vive dans l’espérance L’assemblée
se rassied, et chante avec John Littleton le beau refrain, recueilli et
implorant : Tandis
que le chant se prolonge en sourdine, l’animateur reprend : Puis
c’est la lecture de l’Évangile (Luc, 24, 13 et suivants) : Pendant
une minute, l’assemblée médite en silence. Puis le meneur
enchaîne : |
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