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- Samedi 8 février 1975
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La veillée à l’église Saint Ignace (Témoignages)
Trois laïcs et une religieuse vont maintenant se succéder au micro pour nous dire comment ils essaient de vivre leur foi chrétienne au service de leurs frères, dans cette ligne où Marie Eugénie nous entraîne. Chaque témoignage est précédé d’une phrase de la nouvelle Bienheureuse et d’un passage de l’Écriture Sainte. A chaque citation de Marie Eugénie, sa photo paraît sur l’écran.
Voici d’abord CARLOS ALBERTO JAVIER CHIESA, Argentin.
Texte de Marie Eugénie : "Aucun de nos efforts ne doit être le dernier, l’amour ne dit jamais : c’est assez."
Texte du Nouveau Testament : "La création gémit en travail d’enfantement, et non pas elle seule, mais nous-mêmes... car notre salut est objet d’espérance."
Carlos nous dit qu’il a 34 ans, mais qu’il recueille la voix d’un peuple né il y a 400 ans ,de la rencontre des Espagnols avec les Indiens vaincus, celle d’évangélisateurs intrépides avec un peuple simple. Il recueille la foi d’un peuple qui sait que Dieu est Père et qui a mis sa foi en lui.
Carlos est professeur dans une école libre, il essaie de faire oeuvre d’éducation avec la participation des parents, des voisins, des religieuses. Comme tant d’autres, il a le désir profond de construire une patrie plus juste, de faire la paix, la révolution qui permettra à son peuple d’être heureux.
Ce peuple est opprimé et doit lutter pour survivre. Mais il sait espérer, comme Abraham qui salue de loin les promesses, même s’il n’a pas vu.
Vient ensuite HUGO TESHA, Tanzanien.
Texte de Marie Eugénie : "Que nous vivions de l’Évangile ! ... Jésus-Christ apporte une libération dont les effets transforment la société."
Texte du Nouveau Testament : "Avec beaucoup de puissance ,les apôtres rendaient témoignage à la Résurrection du Seigneur Jésus. Tous les croyants mettaient tout en commun, ils partageaient."
La Tanzanie, nous dit Hugo, est en train de s’édifier en "pays de l’Ujamaa", un pays où l’homme ne sera plus exploité par l’homme, où les gens vivront et travailleront ensemble pour le bénéfice de tous. L’Ujamaa, c’est une fraternité, une société où les hommes partagent le fruit de leur travail. L’objectif central de l’Ujamaa est l’amour des uns pour les autres, selon le précepte du Christ : "Aimez votre prochain comme vous-même !"
A propos du rôle de l’Église dans le développement de la société, Hugo rapporte une parole du Président Nyerere : "Notre foi doit être une foi vivante, une foi révolutionnaire. Car la foi sans l’action est stérile, et l’action sans la foi n’a pas de sens."
Troisième témoignage : celui de Sr ADELA, religieuse de l’Assomption :
"Père, nous voici ! Tu nous connais, tu nous as appelées. Nous venons de loin. C’est toi qui nous as réunies, consacrées, envoyées. C’est toi qui nous as plongées au milieu de nos frères. Tu nous as donné la mission d’engendrer tes fils et de les unir en communauté fraternelle, comme Marie, la mère de ton Fils, l’a fait. Tu nous as donné pour guide une femme qui a su voir dans la nuit, une femme qui a cru que ton Fils Jésus-Christ apporte une libération qui transforme la société, une femme dont la foi sut saluer dans les ténèbres l’avènement du Royaume de Dieu en ce monde. Père, de tout cela, qu’avons-nous fait ? Qu’avons-nous fait de Mère Marie Eugénie ? Qu’avons-nous fait de Marie ? Qu’avons-nous fait du Christ ?...
Nous n’avons pas été sufisamment soeurs de pauvres. Nous avons vibré davantage pour nos petites affaires que pour la grande cause de Dieu et de notre peuple.
C’est pour cela, Père, que tu nous as appelées. C’est pour cela que nous sommes ici, dans cette ville sainte, en l’année de pardon et de grâce que tu nous offres. Nous avons péché, aie pitié de nous, Seigneur !
Marie Eugénie, notre Mère, nous voici ! Fais que nous sachions vibrer, en esprit d’Église, avec la même foi, dans la même espérance, partageant la même destinée que nos frères. Nous voulons le bonheur de nos peuples, nous voulons construire une société fraternelle, nous voulons aimer Jésus-Christ et l’Église. Fais que nous soyons fidèles !"
John Littleton chante alors sa dernière composition « Réconciliez-vous ", dont le disque vient de sortir pour l’Année Sainte :
1) Laissez-vous réconcilier avec Dieu, votre Père,
Laissez-vous réconcilier avec le Christ, votre frère.
Acceptez-vous de prendre la main qu’il vous tend Et de vous déclarer comme témoin en suivant son chemin ?
Réconciliez-vous ! Réconcilions-nous, maintenant !
2) Laissez-vous réconcilier avec Dieu qui est lumière,
Laissez-vous réconcilier avec la vie tout entière.
Dans notre monde ingrat et plein d’agitation,
Ouvrons nos coeurs et vivons dans la réconciliation .
Réconciliez-vous ! Réconcilions-nous, maintenant !
3) Que chaque jour soit la fête du Jubilé,
Que chaque jour soit la fête pour aimer :
La réconciliation entre les nations, entre les familles,
Entre frères et soeurs du même sang.
Réconciliez-vous ! Réconcilions-nous, maintenant !
4) Réconciliez-vous, dirigeants de nos pays,
Réconciliez-vous pour dissiper tous vos conflits.
Soyez les guides luttant pour plus de justice
Envers les opprimés, abusés, oubliés, repoussés.
Réconcilions-nous avec tout l’univers,
Que notre monde soit achevé dans l’unité.
Réconciliez-vous ! Réconcilions-nous, maintenant !
Voici à présent CAROLINA PYNEIRE, des Canaries.
Texte de Marie Eugénie : ; "Je savais qu’une fois décidée, rien ne me coûterait pour tâcher d’imiter Jésus-Christ en sa mission de Sauveur. J’ai voulu me donner, non me prêter à Jésus-Christ."
Texte du Nouveau Testament : "Pour le Christ, j’ai accepté de tout perdre."
Carolina nous dit : Je suis une Espagnole qui vit dans un village du Sud de l’île de Ténerife où se trouvent quatre religieuses de l’Assomption en mission depuis 4 ans.
Très jeune, j’ai été attirée vers l’apostolat pour faire connaître Dieu. J’ai continué depuis mon mariage, voyant les grands problèmes humains et religieux dont souffre mon peuple et qui sont les suivants : ignorance religieuse et culturelle, absence d’assistance de la part de l’État, marginalisation, sous-développement et entrée dans la société de consommation et de nouvelles formes de vie amenées par le tourisme dans l’île.
Devant tout cela, j’ai commencé à lutter et à m’unir avec d’autres femmes, dans l’Association des maîtresses de maison, nous travaillons pour le développement et pour l’union de notre peuple.
A l’arrivée des Soeurs de l’Assomption, j’ai trouvé une grande aide et une force spirituelle, et aussi un appui inconditionnel pour affronter les difficultés qui se présentent chaque jour. Celles-ci viennent surtout de la part de ceux qui ne veulent pas que le peuple se réveille et vive, parce qu’il considèrent cela comme la ruine de leurs privilèges et de leur domination sur les autres.
Pour le nom de Jésus-Christ, j’ai lutté, j’ai souffert et j’ai résisté sans perdre jamais l’espérance. Notre peuple a obtenu un Institut pour l’éducation de la jeunesse, un Centre pré-scolaire pour les petits enfants, un nouveau Centre d’enseignement général et plus de possibilités de formation religieuse et humaine. Et enfin, ce qui me paraît le plus plus important : une conscience plus grande de nos droits comme "personne", en définitive comme fils de Dieu.
Jésus-Christ continue à libérer la société.
La foule chante avec John Littleton :
Refrain : J’irai vers la montagne où tu m’attends, Seigneur, J’irai vers la montagne, là-haut, dans ta maison.
Amis, étrangers Je dois consacrer Venez, prenons place,
Ma vie tout entière II faut partager ! Pour les rassembler !
Cinquième et dernier témoignage : celui de notre ami RAYMOND FAU.
Texte de Marie Eugénie : "Faire connaître Jésus-Christ libérateur et roi du monde, enseigner que tout est à lui, que chacun de nous entre dans son plan !".
Texte du Nouveau Testament : "Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, mais moi... pour que vous alliez et que vous portiez du fruit."
Raymond nous partage ce qui fait sa vie : la chanson fait vraiment partie intégrante de sa vie chrétienne. Sa vocation propre est d’annoncer Jésus-Christ par la chanson, de chanter sa foi au Christ, sa joie d’être fils de Dieu. La chanson est inséparable de sa vie. Elle le fait prier, elle le fait entrer en communion avec ses frères.
Pour finir, Raymond nous dit qu’il va nous chanter sa toute première chanson, qui résume bien ce qu’il a voulu chanter tout au long de sa vie :
Refrain : Toute ma vie, je chanterai ton nom, Seigneur, Toute ma vie, je chanterai ton nom.
1) Ton amour qui chaque jour notre pain nous donne, Ton amour et ta bonté qui nous pardonne.
2) Que ton règne arrive au ciel et sur la terre, Que chacun soit dans l’amour sa vie entière.
3) Et du mal, du mal de la faim, de la guerre, Et du mal, Seigneur, délivre notre terre.
Le Père Maindron reprend ensuite le micro : Jésus-Christ fait de nous des êtres libres. Le Père Marty, archevêque de Paris, nous dit comment le Christ a fait de Marie Eugénie une femme libre pour aimer, et donc bienheureuse.
>> Cliquer pour lire l’homélie du Cardinal Marty
01/12/2004
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