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Joie et célébration engrangées au milieu de beaucoup de défis
La joie débordante d’être visité a été un trait caractéristique que nous avons remarqué dans chaque communauté pendant notre visite de la province d’Afrique de l’Est. C’est du début à la fin de chaque visite que cette joie s’est exprimée. Les " cris de joie " poussés au milieu de chants et de danses de toutes sortes ne nous ont jamais manqué. Nous avons vraiment senti que la province attendait notre visite, après plusieurs événements dans le pays comme dans la province. En particulier, la maladie et la mort de Sr. Anna Immaculata. La province s’était bien préparée à cette visite, avec beaucoup d’espérance et surtout avec beaucoup d’ouverture. Les raisons de cette Joie et de cette Espérance sont multiples :
a) Au niveau des pays, Kenya et Tanzanie :
- Le Kenya a élu un nouveau gouvernement après avoir été le jouet
d’un gouvernement corrompu pendant une longue période de 24 ans. Les gens se
sentent libres d’être d’accord ou non avec le nouveau gouvernement, ils peuvent
exprimer leur propre opinion. Les mass media sont un moyen pour informer le
peuple sur la nouvelle constitution. Certaines mesures sont déjà prises contre
la corruption. L’accent est mis sur l’éducation au primaire, les soins médicaux
et la création de centres pour les enfants de la rue afin de leur donner éducation
et soins. Tout cela donne un regain d’espoir dans le nouveau gouvernement. C’est
seulement un début et les sœurs espèrent que le gouvernement va avancer dans
cette direction. L’autre face de la réalité c’est que les gens découvrent la
culture occidentale et ont tendance à adapter leur style de vie à ses valeurs.
- Tanzanie. Le président est catholique. Il s’adresse à la nation chaque
mois pour dire aux gens où il en est vis-à-vis de son gouvernement. Il invite
à la participation. La priorité est donnée à l’éducation pour tous. Malheureusement,
il s’agit d’une éducation compétitive. Après Nyerere, le pays a adopté une politique
de globalisation, ce qui a accru les divisions sociales. La privatisation a
été développée comme un moyen d’améliorer l’économie, tandis que le secteur
rural était très négligé. Cela est la cause de beaucoup de détresses. Les gens
voient et redoutent l’invasion de leur pays par les Sud Africains avec leurs
investissements. Tout cela donne à l’Assomption pas mal de défis pour être créative
et conscientiser les gens dans un processus d’éducation.
- Quelques-uns des défis que nous devons relever dans ces pays : D’un
côté, il y a cette globalisation croissante avec son économie de marché et son
empiètement agressif dans le pays. Les progrès rapides de la privatisation de
la terre. D’un autre côté, les malades et les gens traumatisés par le sida et
les maux sociaux, avec leur besoin d’être acceptés comme des êtres humains à
part entière. Tout ceci nous appelle à nous engager dans une fidélité créative
et innovante à la suite du Christ.
b) Au niveau de la province
- Célébrations de :
. Vœux temporaires. Au début de notre visite, nous avons eu la joie d’assister
aux vœux temporaires de deux novices du Kenya, Sr Marta et Sr Electine, au cours
d’une célébration eucharistique simple mais très bien préparée. Cette célébration
annonçait la grande célébration du 8 mars.
. Vœux perpétuels. Comment vous expliquer l’ampleur de cette célébration
avec justesse ? C’est à Singa Chini, en plein air et dans un site de toute beauté
que nos quatre sœurs, Honorata, Angelica, Paulina et Patricia ont prononcé leurs
vœux perpétuels. Pour nous, cela a été une expérience à plusieurs facettes :
d’Eglise, de Province, de Congrégation et du pays. Le rassemblement, la danse,
le chant, le partage des repas dans le contexte d’une telle célébration, tout
cela fait partie de la culture africaine. C’est l’évêque de Moshi , un grand
ami de l’Assomption, qui célébrait la très belle Messe, préparée avec soin.
Plusieurs prêtres venant de plus ou moins loin concélébraient. Pour la plus
grande joie de tous Sr Cristina a lu en Kiswahili tout ce qu’elle devait dire
pendant la cérémonie de profession ! Ce qui a convaincu les gens que Cristina
avait reçu le don des langues ! Il y avait environ 1000 personnes qui ont ensuite
partagé le repas de fête. Tout cela avec beaucoup d’ordre et d’harmonie, dans
une atmosphère très festive, grâce à la sœur de Sr Patricia qui a pris la responsabilité
de l’ensemble du repas.
Vers la fin du repas qui a duré longtemps, il y a eu quelque chose d’important,
" la découpe du gâteau ". On nous a prévenus que le gâteau tanzanien allait
arriver. Imaginez ! Nous avons vu arriver une charrette avec le gâteau soigneusement
couvert. Elle était poussée doucement, au même rythme que les danseurs qui l’accompagnaient.
Finalement, quand elle est arrivée a la table de l’évêque, le mystère a été
dévoilé. Tout le monde a alors compris la nature du gâteau tanzanien. C’était
une chèvre rôtie ! L’évêque l’a alors découpée et a distribué quelques morceaux,
d’autres ont pris la suite. La célébration avec ses danses et ses chants a duré
toute l’après-midi.
- Ouverture en ce qui concerne la formation.
La Province donne une grande priorité à la formation depuis le début. La communauté
de Singa Chini est interculturelle et internationale.
Ce qui est nouveau, c’est :
. Le juniorat international. La création d’un juniorat international
à Riruta est la réalisation d’un vieux rêve de la Congrégation. Rien ne se fait
en un jour, tout prend du temps pour grandir et venir à maturité. La communauté
du juniorat se compose de 8 junioristes (de trois provinces différentes : Afrique
de l’Ouest, Rwanda, Afrique de l’Est, et de la région de Centre Afrique) et
de trois formatrices (de trois différentes nationalité : rwandaise, tanzanienne
et anglaise). La maison de formation est insérée dans un milieu pauvre. Le Centre
de Théologie de Tangaza, à Nairobi est une véritable bénédiction , car il permet
de donner aux junioristes une formation théologique appropriée. Nos junioristes
ont la chance d’avoir une communauté où tout est organisé en fonction de leur
formation dans un groupe interculturel et international, et chacune reçoit une
aide spécifique pour intégrer ses études à sa vie de religieuse de l’Assomption.
. L’éducation au centre : La province voit que c’est le moment de recentrer
son apostolat sur l’éducation en vue d’une transformation de la société. Nos
différents engagements : l’école à Sangiti, le centre de santé dans un endroit
pauvre comme Iguguno, l’animation d’un centre social diocésain à Singida et
la maison provinciale, à proximité de gens de diverses religions, offrent aux
sœurs un large éventail pour toucher les nécessiteux à différents niveaux et
apporter un changement significatif dans leur vie.
. Le premier Congrès Continental d’Assomption Ensemble. Le premier Congrès
Africain d’Assomption Ensemble va avoir lieu à Nairobi en juillet 2003. Ce sera
un autre événement significatif pour la Province et le continent. Nous avons
eu la joie de rencontrer un groupe d’amis de l’Assomption très désireux de vivre
ensemble le Projet de l’Assomption : des gens très simples qui sont en contact
avec nous dans un contexte très ordinaire et qui désirent vivre ensemble quelque
chose de beau.
Ainsi, nous sommes appelées à porter l’espoir inlassablement, à promouvoir l’harmonie et la communion, à être des visionnaires et des innovatrices d’un monde à construire avec tous les gens de bonne volonté.
Leela
14/06/2003
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