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JPIC-S à São Paulo (Brésil)

Il s’agit d’un projet pour des enfants de quartiers pauvres de la ville de São Paulo, pour leur donner un complément d’éducation, en vue d’éviter qu’ils ne deviennent “enfants des rues”. Le fait qu’il existe des “enfants de la rue” est connu de tous. En 1984, dans les alentours du Collège, il y avait un groupe de six à huit enfants qui passaient toute la journée dans les rues, veillant sur les autos garées, pour gagner un peu d’argent et aider ainsi leurs familles. Sœur Maria da Apparecida a contacté ces enfants. Peu à peu elle s’est rendue compte de leurs besoins et de leurs manques : mauvais logement, absence de loisirs et familles déstructurées. Le chômage et la faim sont les plus graves fléaux de la société brésilienne. A cela s’ajoutent le manque d’avenir, la croissance de la vente des drogues, de la violence et de la criminalité, surtout dans les périphéries des villes. L’action voulue par les soeurs ouvre des horizons et des possibilités pour les enfants et les adolescents. Elle offre des loisirs, de nouveaux réseaux d’amitié, stimule les enfants à aller à l’école. Elle offre encore un accueil pour tous, de la tendresse et une aide pour les besoins fondamentaux.

- Les Projets Espérance et Belém offrent une possibilité de changer cette situation, même si c’est dans “une très petite sphère”. Les soeurs et un groupe de laïcs volontaires ont établi une nouvelle manière d’agir auprès d’enfants pauvres de la région sud de São Paulo. Les soeurs croient que c’est une façon de répondre à la mission de la congrégation de “changer la société par l’éducation et la formation personnalisée”. Elles croient que Marie-Eugénie approuverait ce genre d’action d’humanisation et de christianisation.
- L’objectif est d’offrir une éducation complémentaire à des enfants et adolescents pauvres, qui les aide à s’intégrer dans la société. Le but est de travailler en priorité la convivialité entre les enfants et jeunes, leurs familles. Il s’agit de leur apprendre à respecter les différences, à croître dans la capacité d’aimer, dans la tolérance et dans la construction d’amitiés.
- Le projet Espérance accueille 130 enfants le samedi. Les enfants mangent ensemble, prient, jouent, participent à divers ateliers : art, informatique, théâtre, sport, catéchèse, soutien scolaire... On leur remet de la nourriture pour leurs familles.
- Le Projet Belém (Bethléem) est fils du Projet Espérance. Il se déroule du lundi au vendredi, accueillant le matin des jeunes qui vont à l’école l’après-midi et vice-versa. Dans une maison appartenant au Collège, il reçoit des jeunes de 15 à 18 ans, qui participent aussi au Projet Espérance. Il offre aux participants une alimentation quotidienne saine, de la convivialité, une formation pour un travail dans le secteur alimentaire. Ils apprennent l’hygiène, l’élaboration de gâteaux, tartes, pizzas, friandises de toute sorte... Ils sont initiés à l’accueil des clients, à l’administration et au contrôle des ressources et dépenses de l’œuvre.

Dans les deux projets une catéchèse est proposée, une formation chrétienne de base. Les sacrements sont proposés et les grandes fêtes chrétiennes célébrées.

Ainsi les enfants font l’expérience positive de la convivialité, qui les aident à améliorer les relations entre eux et en famille. Ils retrouvent une certaine estime de soi, acquièrent des valeurs évangéliques. Des adolescents qui ont fait une expérience ou qui déjà sont dépendants de l’alcool ou des drogues ont pu être dirigés vers des institutions pouvant les aider. Les volontaires découvrent le bonheur de servir, découvrent un nouveau visage de l’Évangile.

Pendant un certain temps, il a aussi été possible de développer un travail avec un groupe de femmes, mamans des enfants du Projet Espérance. Les femmes en milieu défavorisé ont en général une image d’elles-mêmes très négative. En général très peu scolarisées, elles portent de lourdes charges : travaux de la maison, corvées de ménage ou de blanchissage mal payés, pas de possibilité d’un emploi digne, mépris de leurs maris ou compagnons (qui souvent les agressent)... Avec une éducatrice volontaire, les soeurs les reçoivent deux après-midi par semaine, pour les former à de menus travaux manuels : bois, mosaïque en céramique, plateaux... Mais c’est surtout une occasion de rencontre, d’échange, de prise de conscience de leur dignité et un lieu d’échange de leurs difficultés.

01/12/2005
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