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Intuitions fondatrices
Dans la vie de toute personne il y a des moments fondateurs, c’est-à-dire, des moments, des expériences qui marquent tellement une vie qu’ils vont devenir comme des pierres de fondation dans la vie de cette personne. Chez Marie-Eugénie de Jésus, "le faire", son oeuvre, est si étroitement lié à son "être" qu’ils ne font qu’un. Heureuse unité !
Dans la vie de toute personne il y a des moments fondateurs, c’est-à-dire, des moments, des expériences qui marquent tellement une vie qu’ils vont devenir comme des pierres de fondation dans la vie de cette personne.
Chacun de nous - quel que soit son âge - peut identifier une, deux... expériences fondatrices de sa vie. Dans la vie de Marie-Eugénie il y a eu deux événements auxquels elle va pouvoir se référer tout au long de son existence et sur lesquels elle va fonder l’œuvre que Dieu lui propose de fonder. Ces deux moments furent sa première communion, à l’âge de 12 ans, et "sa conversion" - comme elle le dit - à Notre Dame de Paris. Elle avait alors 19 ans...
La grâce de sa première communion elle nous la décrit avec ces paroles : Ce fut un instant très court, mais que je n’ai jamais oublié. ...En l’instant où je reçus Jésus-Christ, ce fut comme si tout ce que j’avais vu sur la terre, et ma mère même, n’était plus qu’une ombre passagère. Puis, elle entendit dans son cœur : Tu perdras ta mère, mais je serai pour toi plus qu’une mère. Un jour viendra, où tu quitteras tout ce que tu aimes pour me glorifier, et servir cette Église que tu ne connais pas.
Cette grâce que Marie-Eugénie tournera et retournera dans son cœur, dans des moments de joie aussi bien que dans des moments de solitude et de combat, elle, Marie-Eugénie va la retrouver le jour de "sa conversion", le jour où elle prendra la décision de "donner toutes mes forces ou plutôt toute ma faiblesse à cette Église qui seule désormais à mes yeux avait ici-bas le secret et la puissance du bien". Lors de sa première communion, Marie-Eugénie reçoit un don. Au moment de sa conversion elle décide, par grâce certes, de donner ce qu’elle a reçu, de se donner à l’Église. À partir du 30 avril 1839, Marie-Eugénie conduira sa vie selon ce don afin que Jésus-Christ et l’Église soient toujours mieux connus et aimés, afin que le Règne de Dieu advienne sur cette "terre, lieu de gloire pour Dieu". Toutes ses fondations n’auront pas un autre but que celui de la gloire de Dieu et du service de l’Église : Tu me glorifieras, tu me serviras...
C’est très souvent que nous entendons dire qu’il est plus important dans la vie d’être que de faire. C’est vrai. Chez Marie-Eugénie "le faire", son oeuvre, est si étroitement lié à son "être" qu’ils ne font qu’un. Heureuse unité !
Guidée par la certitude que Dieu l’appelait à travailler avec lui, Marie-Eugénie se donne de toutes ses forces à la fondation de la Congrégation et bientôt aux fondatrices des communautés de la Congrégation à travers le monde. Oui, à travers le monde. Marie-Eugénie, femme universelle, qui aime l’universel, femme "habitée par l’universel" et en même temps attentive aux tâches quotidiennes. De cet amour pour le monde naîtra peu à peu l’Assomption. Rapidement l’Assomption va s’implanter dans différents lieux de la France et du monde entier. Elle aura, depuis ses débuts, une très grande orientation missionnaire et internationale. Les fondations de communautés vont se succéder en Europe, Afrique, Océanie, Amérique, Asie...
Marie-Eugénie est l’âme de toutes. Petit à petit, avec un mélange d’audace et de prudence, d’ouverture sans dispersion, de largeur de vue et de sens des petites choses, elle va être la cheville ouvrière mais sans renoncer à former une équipe de religieuses très qualifiées qui vont la compléter pour répondre aux demandes multiples qu’elle reçoit de l’Église. La volonté de Dieu et sa gloire sont le moteur de sa vie. Elle les recherchera toujours. Elle s’ouvre à son temps avec ses lumières et ses ombres, ses réussites et ses difficultés, avec réalisme et espoir.
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11/04/2006
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