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Compte-rendu de Sr Stella

Avec Sr Maxima et Sr Myrna, Sr Stella rentre d’un séjour dans trois camps de secours dans le diocèse de Surat Thani, en lien étroit avec l’évêque Mgr Prathan Sridarunsil. Les demandes sont précises.

- Dans le camp où j’étais, nous étions cinq religieuses (salésienne, saint Paul de Chartres, Sacré Cœur de Bangkok et moi), travaillant ensemble avec d’autres bénévoles. Sr Maxima et Sr Myrna travaillent dans d’autres camps. Myrna est à Krabi, Maxima est dans un camp à une demi-heure du mien. J’ai préféré que nous soyons dans trois camps différents pour avoir des expériences diverses. Maxima et Myrna y resteront jusqu’au 12 mars.

Vous ne pouvez pas vous imaginer ce qu’a été le tsunami. Peut-être Olivier (Le Gendre) qui a été à Phuket mais je ne pense pas que Phuket arrive aux dimensions de ce que j’ai vu ici, deux mois après.

Dans la province de Pangga, Takuapa et Khaolak, un grand nombre de personnes sont mortes. Un matin, j’ai passé deux heures et demie sur la plage priant pour tous. Depuis la plage, si l’on regarde vers le village, l’eau est entrée à quatre kilomètres à l’intérieur de la ville. Ce qu’on a vu à la télévision ou dans les journaux ne rend pas compte de la réalité. Les gens avec lesquels j’ai passé ces cinq derniers jours (82 familles "Morgen" (gitans) et 55 familles thaïlandaises) restent traumatisés. Quelques-uns parlent spontanément du tsunami. Pour d’autres, il faut poser beaucoup de questions pour apprendre quelque chose, et il faut aller doucement. D’autres ne disent rien. C’est le silence total.

Dans un village que j’ai visité avec une salésienne pour voir le projet des filtres (d’eau), quelqu’un nous a montré jusqu’où l’eau était montée dans sa maison (jusqu’à son épaule) et comment la vague a emporté sa femme et trois de ses enfants. Selon lui, dans ce village il y avait beaucoup de morts. A présent, on ne peut plus boire l’eau ; ce qui explique la question des filtres. Sa maison est à plus d’un kilomètre de la plage. Beaucoup disaient que c’était comme s’ils se trouvaient à l’intérieur d’une machine à laver le linge.
Dans le camp où j’étais, à l’exception de deux familles, tous veulent retourner à leur travail qu’ils faisaient depuis des générations : la pêche. Les deux autresfamilles sont si traumatisées qui ne veulent même pas s’approcher de la mer.
Un collège a été totalement démoli. L’unique chose restée debout était le mât du drapeau. Là, même si c’était un dimanche, plusieurs enfants sont morts car ils répétaient une pièce de théâtre.

Il a beaucoup d’organisations qui sont en train d’aider les victimes (quoique l’argent ne soit pas encore arrivé - ce qui constitue un casse-tête pour l’évêque). Personne ne facilite le travail des bénévoles. L’aide du gouvernement est presque invisible à l’exception de la fondation pour les enfants. S’il n’y avait pas le soutien des religieux/ses et de leurs collaborateurs pour l’aide, la récolte des données, le suivi des projets, etc., les victimes se trouveraient seules. Peut-être pourrions-nous aider en cela. Pour l’instant, 275 personnes sont venues comme bénévoles - 350 baht/ jour (environ 6 € / jour) sans compter l’essence qu’ils utilisent pour les conduire au lieu de travail. Et ceci depuis le mois de janvier. Sans ces bénévoles, l’aide aux victimes deviendrait impossible.

- Mgr PrathanL’évêque m’a présenté un projet :
Construction de 2 de "petites maisons" qui seront utilisées, l’une comme bureau pour ceux qui recueillent les données des "Morgan" qui ont le plus souffert dans la province où je viens de passer 5 jours (Pangga, 4 000 morts, en majorité Morgan). L’autre maisonnette servirait d’infirmerie.
Les bénévoles resteront 6 mois pour aider et suivre les projets.
Après la fin des travaux, les 2 petites maisons seront pour 2 familles : le chef du quartier qui a perdu tout, maison et famille, et une autre.
Les maisons qui se construisent pour les Morgen (’Habitat’ est en train de construire 15 et on a besoin de 82 dans cette province) coûtent 100.000 baht (1.966,00 €).
Les scouts de Bangkok travaillent comme volontaires supervisés par un salésien. Pour l’instant, ils travaillent à l’air libre. Ils demandent ces maisonnettes pour pouvoir mieux travailler et plus vite. Les maisons seront petites mais suffisantes pour loger une petite famille.
Voici les devis :
Maisonnettes (2) : 130.000 baht => 2.557,00 €
Climatisation (2) : 30.000 => 590,00 €
Électricité, mobilier : 10.000 => 196,60 €
Toilettes : 15.000 => 295,00 €
Équipement d’informatique : 68.000 => 1.337,70 €
Total : 253.000 baht => 4.976,30 € (1 € = 50,8337 baht aujourd’hui) N.T.
Ils aimeraient avoir une réponse positive à ce projet le plutôt possible.

Dans ce même endroit il y a 200 orphelins. Pour cette question ils sont en train de collaborer avec le gouvernement.

Il y a d’autres projets comme des bateaux (150.000 baht ou 2.950 €, chacun) et des moteurs (50.000 baht ou 983,00 €), chacun.

Aussi, l’évêque demande s’il était possible d’aider le Centre qui accueille tous les bénévoles : on leur donne à manger, on les loge et ils sont transportés aux endroits du travail, etc. Encore une fois, personne ne s’est offert pour soutenir ces dépenses.

Ici on dit qu’il y aura un autre tsunami le 12 mars. Je ne sais pas qui est à l’origine de toutes ces rumeurs mais ils n’ont pas le droit d’effrayer les gens au delà de ce que déjà ils peuvent supporter. Dans le Sud, l’Église les soutient de sa présence et de son aide. Au moins, en cela Dieu nous a donné la générosité et la force pour être au service du peuple.

14/03/2005
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