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C’est Dieu qui conduit tout...
Sa mission de Supérieure Générale de l’Assomption arrivant à son terme, Soeur Cristina-Maria fait mémoire de quelques étapes marquantes de sa vie. C’est l’histoire d’un compagnonnage, d’une relation intime, d’une fidélité discrète, celle de son cheminement avec Mère Marie-Eugénie de Jésus.
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PREMIÈRES RENCONTRES
Ma propre expérience avec Mère Marie-Eugénie, fondatrice
de notre congrégation, commence très tôt. Depuis
que nous étions petits, notre mère, ancienne élève, nous parlait de Mère Marie-Eugénie. A la
maison, nous allions jusqu’à mimer l’enfance et la vie
de Marie-Eugénie !
A l’école, nous savions toutes la prière pour obtenir
que Mère Marie-Eugénie soit vénérable et, à partir de
1961, pour sa béatification...
BÉATIFICATION DE MARIE-EUGÉNIE
Un de mes plus précieux souvenirs fut l’assemblée de plus de 600 soeurs, à Viale Romania, à Rome, autour du Conseil Général - Soeur Hélène était la supérieure générale à cette époque - de MM. Denyse, la supérieure générale précédente, Sr Marie Christilla, Supérieure Générale des Gardiennes Adoratrices de l’Eucharistie. Une page de notre histoire que je n’oublierai jamais. Je me suis sentie membre de cette histoire, mon histoire.
RESPONSABILITÉ ET CONFIANCE
A partir de 1994, date de mon élection comme Supérieure Générale, ma relation avec Mère Marie-Eugénie va changer. Je la prie moins que je ne me mets à son écoute. Je lui demande des conseils : "Marie-Eugénie, que ferais-tu dans cette situation ?" Sa réponse : la paix, la confiance qui m’aident à avancer. Peu à peu, les chemins s’ouvrent, une lumière pointe, la décision s’éclaire... "Avec toi, Mère Marie-Eugénie, allons de l’avant...si tu le veux, si tu veux cela pour ta Congrégation, pour notre congrégation."
À DIEU, EN DIEU, AVEC DIEU
Cette étape de ma vie avec Mère Marie-Eugénie commence
par une phrase qui est sienne : "C’est Dieu qui
conduit tout et jamais main plus amoureuse ni plus
sage ne saurait conduire nos destinées." Cette certitude
fait aujourd’hui partie de mon cheminement spirituel.
Une deuxième certitude que j’ai trouvée maintes fois
dans mes notes personnelles : la Congrégation est à
Dieu. Il s’occupe d’elle... Domine est Assumptia nostra
: l’Assomption est à Toi, et je veux travailler avec
Toi pour ce qui est à Toi, pour ce que tu aimes. Que la
congrégation soit à Dieu est devenu un fondement de
ma vie comme Supérieure Générale mais aussi comme
soeur de la Congrégation. Je n’ai rien à m’approprier,
pas même la mission qui m’a été confiée.
PRIÈRES
Chaque fois que j’allais à Rome, je faisais mémoire de
l’amour filial avec lequel Mère Marie-Eugénie accomplissait
le même voyage. Me recueillant sur le tombeau
de St Pierre et sur le tombeau de Paul VI, je faisais la
même prière : pour la congrégation, la foi, l’amour de
l’Église, la fidélité à notre vocation... C’était une
prière pour la congrégation, pour chaque soeur. Je me
sentais chaque fois envoyée par Mère Marie-Eugénie,
en son nom, au nom de toutes mes soeurs, au coeur de
l’Église.
Une prière particulière fut celle du 9 juin 1996, lors de
l’ouverture du procès de Canonisation de Mère Marie-
Eugénie. Une aventure guidée par la foi commençait...
Ce jour là, j’ai prié plus encore, demandant que ce
moment soit pour toute la congrégation un temps favorable
pour nous renouveler dans notre foi. Que nous
nous mettions toutes sur le chemin unique de la foi, de
la confiance, de l’abandon entre les mains de Dieu.
JOIES ET DOULEURS
J’ai éprouvé beaucoup de joies au long de ces années :
joie de voir des laïcs s’engager à vivre l’esprit de
Marie-Eugénie, joie de sentir l’amour des soeurs pour
leur fondatrice.
Berger pauvre appelé à confirmer la foi de mes soeurs,
j’ai eu le bonheur de vivre le Jubilé de l’Église mais
aussi la douleur de voir les noms de nos six soeurs
rwandaises inscrits dans le livre des martyrs du XXème
siècle.
UNE PRÉSENCE FIDÈLE
Mère Marie-Eugénie, durant ces douze années, est très
présente. Je la regarde et elle me regarde.
Combien de fois lui ai-je demandé : donne-moi le message
à transmettre à la congrégation, donne-nous de nous savoir à Dieu, de Dieu, pour Dieu, fortifie ma foi et mon courage, fortifie la vigueur spirituelle de la Congrégation ?
Je ne doutais pas de la vigueur apostolique de la
congrégation, mais il fallait veiller à la vigueur spirituelle.
Je me suis nourrie des écrits de Marie-Eugénie, les
laissant descendre et mûrir en moi.
Je dis tout cela et pourtant, je me sens bien loin...
Marie-Eugénie parle de sa propre expérience de la fragilité
et ces paroles font écho à ma propre faiblesse.
Soeur Cristina-Maria
Supérieure Générale
in Assomption 17 n°7
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