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Baptême du Christ

Seigneur accorde-nous en ce jour de réentendre pour nous-même cet appel à être ton enfant bien-aimé et accorde-nous d’y consentir car c’est ainsi que nous accomplirons toute justice

- Le mot d’explication :

Jésus demande à Jean d’accepter de le baptiser car il convient d’accomplir ce qui est juste. Le thème de la justice joue un rôle essentiel dans la pensée de Matthieu. D’une manière générale, la justice, au sens large, n’est autre que la conduite requise par Dieu. Venu lui-même pour accomplir toute justice (3, 15), Jésus révèle par ses paroles et par ses actes la véritable nature de la justice qui doit polariser toutes les énergies de ses disciples. La justice est un agir-juste, conforme à ce que Dieu estime juste, une attitude d’accueil laissant à Dieu le soin de définir ce qui permet à l’homme de réaliser sa vocation. C’est donc une obéissance simple et confiante. A la justice selon Dieu il n’est qu’un obstacle : l’esprit de suffisance.

- Méditation :

Jean-Baptiste a rassemblé tout le peuple sur les bords du Jourdain, l’antique frontière avec le désert. L’évangéliste insiste sur l’initiative de Jésus qui vient pour à Jean pour se faire baptiser par lui. Mais Jean qui a déjà confessé la supériorité de Jésus et son baptême à venir (vv.11-12) réitère sa soumission. Pourtant Jésus insiste sur ce renversement des rôles : il convient à tous les deux d’accomplir toute justice. Ce baptême de Jésus par Jean est juste car il est conforme au vouloir de Dieu que Jésus manifeste sa solidarité envers ceux qui se convertissent pour accueillir le Royaume. Il est juste que Jean et ses adeptes se fassent à l’idée d’un Messie humble, frère d’une humanité pécheresse ; nous aussi.
Jésus donc est baptisé ; il se retrouve plongé dans la mémoire du peuple qui confesse son histoire de péché. Il accepte de descendre avec tout le peuple dans le fond de l’abîme. Il en remonte, le ciel se déchire et il voit l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. On peut penser au texte d’Isaïe : Nous sommes, depuis longtemps, des gens sur qui tu ne règnes plus et qui ne portent plus ton nom. Ah ! Si tu déchirais les cieux et descendais... (Is 63, 19). Conçu par les Anciens comme une voûte solide, le ciel doit s’ouvrir pour que Dieu se manifeste. Pour Jésus, le ciel s’ouvre afin de laisser descendre l’Esprit. L’Esprit de tendresse et de paix qui déchire le cœur du Père à l’appel de détresse du peuple, à l’appel de son Fils. L’ouverture du ciel, cette révélation que Dieu fait de lui-même, est communication de son Esprit. La voix du Père reprend le titre royal du psaume 2 pour donner l’identité de Jésus : Celui-ci est mon Fils. Elle ajoute : bien-aimé, qui dans la Bible grecque qualifie un fils en particulier : Isaac dans l’épisode du sacrifice. En tissant le titre du messie royal et cette qualification, Matthieu ajoute à la silhouette du messie glorieux l’ombre du calvaire. En lui j’ai mis tout mon amour renvoie enfin à la vocation du Serviteur d’Isaïe.
En son baptême, Jésus n’est pas seul : il est avec son peuple et s’offre en chef de file des fils de Dieu, de tous ceux qui accepteront de recevoir cette révélation et de s’ouvrir au don de Dieu.
Comment Jésus va-t-il vivre cette identité, cette mission qu’il reçoit du Père ? La scène de la tentation est directement articulée à celle de la descente de l’Esprit : Alors Jésus fut conduit au désert par l’Esprit... C’est en sa qualité de Fils de Dieu que Jésus est tenté. La joie de la naissance dans l’Esprit est aussitôt menacée, mise en doute. L’Adversaire, le diable apparaît comme en réaction. Que devient la promesse de vie donnée à la naissance quand on est ainsi menacé dans le désert, le lieu de la solitude ? Jésus va devoir le choisir et il va le faire en acceptant de se soumettre au Père.

- Seigneur accorde-nous en ce jour de réentendre pour nous-même cet appel à être ton enfant bien-aimé et accorde-nous d’y consentir car c’est ainsi que nous accomplirons toute justice, que nous réaliserons ce à quoi tu destines tout être humain. Donne-nous de savoir entrer dans cette attitude d’obéissance simple et confiante, dans l’action de grâce pour un tel don.

© Sr Sophie Ramond, r.a.

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01/12/2006
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