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Baptême du Christ
Saurons-nous découvrir et accueillir le don de Dieu ? Saurons-nous entendre cette voix qui murmure en nos cœurs pour nous redire que nous sommes fondés dans l’amour et qui nous ouvre le chemin d’une relation filiale ?
Jean-Baptiste a rassemblé tout le peuple sur les bords du Jourdain, l’antique frontière avec le désert. Jésus lui aussi est baptisé ; il est sorti de son village et il se retrouve plongé dans la mémoire du peuple qui confesse son histoire de péché. Jésus descend au plus profond de l’eau ; il accepte de descendre avec tout le peuple dans le fond de l’abîme. Il en remonte et il voit le ciel se déchirer et l’Esprit, comme une colombe, descendre sur lui. Pour Jésus, le ciel s’ouvre afin de laisser descendre l’Esprit. En lui, le Père révèle qu’il a entendu le cri de son peuple : Nous sommes, depuis longtemps, des gens sur qui tu ne règnes plus et qui ne portent plus ton nom. Ah ! Si tu déchirais les cieux et descendais... (Is 63, 19). A l’appel de détresse du peuple, l’Esprit de tendresse et de paix vient reposer en Jésus. La voix du Père s’adresse à lui et reprend pour lui le titre royal : tu es mon Fils bien-aimé. Comment Jésus va-t-il vivre l’identité, le mission reçues du Père et auxquelles il est engendré par l’Esprit ?
La première lecture, du livre d’Isaïe, comme la seconde, extraite de la première lettre de Jean, éclaire la mission que Jésus reçoit lors de son baptême au Jourdain. Le Seigneur s’adresse à son peuple et lui lance une invitation : Venez à moi ! Écoutez, et vous vivrez. Je ferai avec vous une alliance éternelle, qui confirmera ma bienveillance envers David. Le peuple assoiffé devient le destinataire inattendu d’un renouvellement radical des promesses faites à David. Bien que la maison de ce dernier se soir révélée incapable de servir le plan du Seigneur, celui-ci réussit néanmoins à rester fidèle. En Jésus, il unit la créature d’une manière nouvelle à soi. L’humanité de Jésus répond à l’attraction de Dieu, est infiniment ouverte à Dieu, est elle-même totalement désappropriée de soi. Il n’en va pas forcément de même dans nos êtres, souvent repliés sur eux-mêmes et surtout peut-être manquants de foi. C’est pourquoi, avec l’annonce de la réconciliation d’une communion entre le divin et l’humain rendue possible en Jésus-Christ, il nous faut entendre également, l’exhortation à chercher le Seigneur, l’appel à la conversion.
Jean proclame que Jésus-Christ est venu par l’eau et le sang. Sur la croix, de son côté sont sortis de l’eau et du sang (cf. Jn 19, 34). Il est venu avec l’eau, symbole du baptême, mais aussi avec le sang, symbole de sa mort sur la croix. Tels sont les moyens par lesquels il sauve les hommes. L’Esprit, l’eau et le sang se rejoignent pour en témoigner. Ils sont trois à rendre témoignage, selon la tradition qui affirme la nécessité de deux ou trois témoins pour que la déposition soit valide et vraie (cf. Dt 17, 6). Si ces règles des hommes sur la validité du témoignage par trois témoins sont acceptées, combien plus devons-nous recevoir celui de Dieu. Qui reçoit ce témoignage de Dieu et met sa foi en Jésus est en communion avec Dieu. Il devient à son tour témoin du don de la vie éternelle.
La voix du Père annonce l’identité et la mission de Jésus : le ciel s’est rapproché de la terre ; Jésus devient la voix du Père pour les hommes. A travers lui, Dieu s’approche des hommes et leur révèle son amour de Père. Par Lui, nous entendons nous-aussi : Tu es mon fils bien-aimé, en toi j’ai mis tout mon amour... Saurons-nous découvrir et accueillir le don de Dieu ? Saurons-nous entendre cette voix qui murmure en nos cœurs pour nous redire que nous sommes fondés dans l’amour et qui nous ouvre le chemin d’une relation filiale ?
Sr Sophie Ramond
Province de France
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