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Avent

- 4e dimanche de l’Avent : 24 décembre 2006 : Ce jour est un jour pour la louange
Durant tout le temps de l’Avent, nous avons entendu résonner l’annonce d’une immense promesse : "tout homme verra le salut de Dieu". Nous avons été invités à nous rendre disponibles pour accueillir la souveraine proximité de Dieu se faisant homme. Aujourd’hui c’est le dernier jour pour nous préparer à accueillir la venue du Seigneur. Jésus, le Fils de la promesse, Fils de Dieu et Fils de son peuple, paraît dans le monde... Cette Bonne Nouvelle de Dieu entrant dans notre histoire humaine en naissant d’une femme, savons-nous encore l’accueillir avec un cœur émerveillé ?
Elisabeth et Marie, les deux mères de la scène évangélique, sont dépeintes comme deux croyantes émerveillées, tout empressées de rapporter à Dieu ce qui leur arrive. L’enfant tressaille dans le sein d’Elisabeth et l’Esprit Saint lui suggère de proclamer la double béatitude de la mère et de l’enfant qu’elle porte en elle. Bienheureuse Marie qui porte en elle l’enfant du salut, le Seigneur. Bienheureuse Marie qui a cru et qui a consenti au projet de Dieu. En contemplant ces deux femmes nous sommes invités à renouveler notre cœur, à entrer dans une attitude de louange.
Bienheureux serons-nous si nous savons nous tourner joyeusement vers Celui d’où vient tout don, et en particulier le Sauveur, ce bienfait par excellence, dont la promesse a maintenu un peuple entier dans l’espérance. Bienheureux serons-nous si au travers des événements nous percevons la visite du Seigneur. Bienheureux serons-nous si dans les visages de nos proches, de ceux qui font partie de notre vie quotidienne, nous reconnaissons la ressemblance à notre Seigneur. Oui, ce jour est un jour pour reconnaître les dons de Dieu, un jour pour la louange, un jour pour aller des bienfaits au bienfaiteur...

- 3e dimanche de l’Avent : 17 décembre 2006 : Le salut, une grâce à accueillir
Le passage du livre de Sophonie est un chant d’action de grâce pour la bénédiction qui vient de Dieu. Il est une joyeuse annonce de salut. Le contexte, dans lequel est inséré cet extrait, permet de préciser que le salut est promis aux humbles appelés au repentir et qui sont placés en opposition aux puissants de Juda qui agissent contre la volonté de Dieu. Voilà qui fait le lien avec l’Evangile, dont la conclusion est assez déroutante : Jean-Baptiste, "par ces exhortations et bien d’autres encore, annonçait au peuple la Bonne Nouvelle". En quoi une série d’exhortations peut-elle être source de bonne nouvelle ?! En quoi les images de la pelle à vanner ou du feu qui ne s’éteint pas, images de jugement, peuvent-elle être assimilée à l’annonce d’une bénédiction ?
Le peuple, précise l’évangile, est en attente. Le peuple espère un Messie, un libérateur sur qui reposerait l’Esprit de Dieu et qui aurait le pouvoir de délivrer son peuple et d’instaurer son royaume. C’est cette attente que perçoit Jean le Baptiste ; c’est sur elle qu’il s’appuie pour se montrer exigeant envers les hommes.
Le Seigneur ton Dieu est en toi... il te renouvellera par son amour” , dit encore le livre de Sophonie donnant ainsi à contempler ce mystère de l’humanité que Dieu a choisi depuis toujours pour être à Lui. Pour accueillir le salut, il faut reconnaître qu’il est déjà donné. Et s’il est déjà donné, il n’y a qu’une chose à faire : le libérer par un patient travail de purification. Il faut ôter en nous tout ce qui est jalousie, vengeance, égoïsme, paresse... sinon l’opacité de notre être empêche que Dieu apparaisse. Le salut n’est pas une conquête, mais une grâce à accueillir au profond de nous-mêmes... N’est-ce pas alors, conscients de la grâce et consentants à l’œuvre de purification en nous, que "la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut imaginer gardera (notre cœur) et (notre) intelligence dans le Christ Jésus" ?

- 2e dimanche de l’Avent : 10 décembre 2006 : Tout homme verra le salut de Dieu
L’Evangile de ce jour nous rapporte que la parole de Dieu éveille la vocation prophétique de Jean. Il est celui qui appelle à préparer "le chemin du Seigneur". Il a mission de proclamer Dieu à l’œuvre et d’inviter à la conversion.
Son appel, en effet, est d’abord révélation de Dieu, annonce d’une immense promesse : "tout homme verra le salut de Dieu". Car Dieu sort de lui-même pour aller à la rencontre de l’homme. Il va venir dans le désert de l’humanité. Il a décidé d’abaisser les obstacles à l’Alliance, de combler ce qui sépare de Lui, de rendre droit ce qui est tortueux... Le livre de Baruc le proclame comme une bonne nouvelle, qui ne peut pas nous laisser indifférents. Cette joyeuse annonce nous ouvre à l’espérance : "quitte ta robe de tristesse et de misère... debout !" et elle nous invite à changer nos manières d’être : "enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu...". Serions-nous tenté de dire : c’est trop pour moi, au dessus de mes forces ! que la suite du texte ouvre un passage au creux de nos découragements : "Dieu (te) conduira dans la joie, à la lumière de sa gloire, (te) donnant comme escorte sa miséricorde et sa justice".
Oui, Dieu ne nous laisse pas à nos propres forces. L’appel à la conversion lancé par Jean est appel à laisser Dieu venir en notre histoire personnelle et en notre histoire commune. Ainsi s’accomplit sa promesse de salut. Le coeur humblement tourné vers Lui, saurons-nous accueillir la souveraine proximité de Dieu se faisant homme ? Saurons-nous consentir à être disponibles, pour qu’Il accomplisse en nous l’œuvre de simplification qui nous unifiera en Lui ? A l’exemple de saint Paul, demandons les uns pour les autres la grâce de l’intelligence du coeur, de la clairvoyance qui nous fera discerner ce qui est essentiel. Soutenons-nous les uns les autres par la prière et la sollicitude fraternelle, pour marcher "sans trébucher vers le jour du Christ"...

- Premier dimanche de l’Avent : 3 décembre 2006 : "Persévérer sans relâche"
Dans ses Œuvres spirituelles, Diadoque de Photicé définit la patience de la manière suivante : "Persévérer sans relâche en voyant des yeux intérieurs l’Invisible comme s’il était visible". La patience est à la fois confiance en Dieu et persévérance dans l’action. C’est l’espérance au quotidien : c’est elle qui nous fait œuvrer jour après jour pour le Royaume, sans nous décourager, sans nous lasser, sans nous arrêter... Au sein des difficultés quotidiennes, elle est cette vertu qui nous fait conserver au cœur la promesse de bonheur dont nous parle le prophète Jérémie. Serions-nous tentés de découragement devant nos propres pesanteurs, celles des autres ou devant l’injustice qui règne dans le monde, elle nous appelle à résister à la tendance à nous replier, à nous sentir submergés et à lui opposer la vigoureuse conviction que la vie et le bonheur sont en avant, en Dieu. Le Règne de Dieu, pour se déployer, utilise tout, le succès et la souffrance, les situations faciles et nos durs labeurs, pourvu que nous sachions les remettre à Dieu avec cette invincible espérance que du chaos et de la dispersion, Il fera une création nouvelle. Le Christ recueille pour la vie à venir tous nos efforts inachevés pour aimer toujours davantage, pour lutter contre l’injustice, pour ne pas nous laisser alourdir dans tout ce qui peut nous divertir et nous faire oublier notre responsabilité personnelle dans la croissance du Royaume, pour ne pas succomber à la tristesse des soucis. Gardons au fond de nous-mêmes le goût de la vie, le goût de Dieu en sorte que tout devienne pour nous Dieu qui se donne et qui transforme. Redressons-nous, gardons haute la tête, vivons debout comme des vivants pour qui la mort est un passage, non le terme absurde d’une vie vaine. Christ nous apporte le salut !

© Sr Sophie Ramond, r.a.
Communauté de Lübeck

01/12/2005
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