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Assomption 17 - N°7
- Sommaire : Page 1 : Edito : Croire à son amour, de Sr Cristina-Maria, Page 2 : Nouvelles de la Communauté : témoignage et retour aux sources, Page 3 : Aster : Les Farangs d’Aster, Page 4 : C’est Dieu qui conduit tout, témoignage de Soeur Cristina-Maria, son compagnonnage avec Marie-Eugénie de Jésus.
LES FARANGS D’ASTER
J’ai eu le privilège de retourner à Pattaya durant la seconde quinzaine de février, et d’y passer du temps avec les enfants des rues et les jeunes avec handicap accueillis à l’Orphelinat de Pattaya.
Le jour même de mon arrivée, j’assistai à la journée annuelle de compétition sportive à la maison des jeunes aveugles. Tournoi de football avec un ballon sonore, course de natation dans des canaux de nage qui permettent d’aller droit. Sorte de hand-ball à un coup... Les médailles récompensèrent les plus habiles.
Le soir, je me rendais à la maison des enfants des rues où je participai à leur dîner. Bol de riz et soupe thaïe : les assiettes étaient devant chacun, mais personne ne se mettait à manger. Quand tout le monde fut servi, mains jointes au front, les enfants prièrent en silence. Après, ce fut la ruée vers les cuillères !
Plusieurs me demandèrent quand j’arrivai : "es-tu
mon parrain, es-tu mon parrain ?"
Ils savent en effet que certains d’entre eux sont
parrainés personnellement par une famille depuis
l’étranger, et ils rêvent tous qu’un jour ces
parrains, élevés au rang de mythes, viennent les
visiter.
Je leur répondis : "non, je ne suis pas ton parrain,
mais nous sommes plusieurs farangs (étrangers en
thaï) français qui sommes les parrains de tous les
enfants de la maison".
Et de fait, au moment de faire les comptes de la générosité de tous ceux qui participent au projet ASTER, nous avons été étonnés de constater que nous avions pu envoyer en un an la somme de près de cinquante mille euros pour permettre à la Maison des Enfants des Rues de l’Orphelinat de Pattaya d’accueillir de nouveaux enfants.
Les enfants n’ont pas conscience de l’aide financière. Ils sont en revanche enthousiastes quand un étranger vient les visiter : ils s’agrippent à vous, vous font de longs discours que l’interprète a du mal à traduire au rythme voulu, ne s’offusquent pas trop quand votre réserve de bonbons est épuisée, et vous empêchent résolument de monter dans la voiture qui doit vous emmener.
Les plus âgés sont plus réservés, le regard plus interrogateur. Il faut du temps pour les apprivoiser : ils en ont trop vu. Mais votre maladresse au ballon les ravit et permet un début de dialogue. Ensuite, il suffit de les interroger un peu pour tout connaître de leurs activités, leur fierté à pouvoir aller à l’école proche en uniforme, leur tristesse aussi qu’il n’y ait pas de parents qui soient venus les visiter depuis si longtemps...
Un enfant des rues accueilli peut arriver à cinq ans comme à douze. A moins qu’il s’enfuie, ce qui arrive, il restera ici jusqu’au moment où il aura un travail. C’est dans la durée que notre aide s’inscrit car nous ne voudrions pas qu’un seul de ces enfants rieurs se sente lâché par ces farangs qui lui ont permis d’être reçu ici.
Olivier Le Gendre
Président de Assomption Solidarité
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