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3e dimanche du temps ordinaire
Dans la rencontre de Jésus et des futurs disciples, l’usage du verbe voir montre que c’est Jésus qui a l’initiative de la rencontre ; ce verbe illustre son projet d’élection. Les hommes auxquels il va s’adresser ne sont ni préparés, ni prévenus ; ils vaquent à leurs occupations quotidiennes.
Le mot d’explication :
Le Royaume de Dieu. Le terme royaume apparaît 162 fois dans le Nouveau Testament, dont 121 fois dans les Évangiles synoptiques. L’expression Royaume de Dieu, Royaume des cieux se rencontre 104 fois dans les Évangiles, le plus souvent dans Matthieu (51). La notion de règne, de royaume s’enracine dans l’histoire d’Israël : c’est l’expérience de Dieu comme Souverain qui régit l’univers et qui accompagne son peuple. En Jésus, Dieu est intervenu pour son peuple d’une manière définitive. En Lui le Règne s’est manifesté en bonne Nouvelle de salut. Mais Jésus n’œuvre pas sans associer les hommes à sa tâche. Il demande de prier pour que le Père envoie des ouvriers à la moisson. Il envoie ceux qu’Il a choisis pour qu’ils prennent soin des foules qui errent sans berger. Ils auront pour elles la même compassion que Jésus.
Méditation :
L’événement négatif de l’arrestation de Jean-Baptiste met en mouvement Jésus : il se retire en Galilée. Or, la Galilée, tout au nord, est une région méprisée par les habitants de Jérusalem et de Judée parce qu’investie par des populations païennes, soumise à des influences étrangères. Matthieu voit se réaliser, par le ministère de Jésus, la délivrance annoncée par le prophète Isaïe : une lumière se lève sur ce peuple qui marche dans les ténèbres. La souveraine proximité de Dieu s’expérimente sur cette terre de luttes, d’impureté... comme elle s’expérimente en nos cœurs où se joue le combat entre l’esprit du mal, le doute, et l’esprit du bien, la confiance.
Les scènes d’appel des premiers disciples sont construites selon un schéma utilisé dans l’Ancien Testament, dans le récit de la vocation d’Elisée (1 R 19, 19-21). Ce schéma comprend quatre éléments : d’abord la rencontre de celui qui appelle et du futur élu ; le récit indique la situation, évoque la rencontre proprement dite et précise le métier de l’élu. Suit l’appel. En troisième lieu intervient un motif retardateur (Elisée prend congé de son père). Enfin est mentionné l’abandon de l’ancienne vie et l’obéissance au nouveau maître. La tradition synoptique reprend ce schéma mais en supprime le motif retardateur.
Dans la rencontre de Jésus et des futurs disciples, l’usage du verbe voir montre que c’est Jésus qui a l’initiative de la rencontre ; ce verbe illustre son projet d’élection. Les hommes auxquels il va s’adresser ne sont ni préparés, ni prévenus ; ils vaquent à leurs occupations quotidiennes. Le contexte ne permet ni de leur attribuer un intérêt marqué pour Jésus, ni une connaissance préalable de son message. Par ailleurs, Pierre et André, Jacques et Jean appartiennent justement au petit peuple de Galilée, méprisé des élites religieuses.
L’autorité de Jésus est telle que sa parole introduit l’appelé dans la condition de disciple sans égard à ses capacités. Le verbe suivre décrit une relation exclusive avec Jésus. Le suivre signifie s’attacher à lui totalement, lui vouer une obéissance sans limite, l’écouter et le servir, partager sa destinée. La nouvelle condition créée par Jésus débouche sur un service : être parmi les hommes les témoins du Royaume qu’il instaure.
La réponse des appelés se caractérise par sa promptitude. Pierre et André abandonnent leur filet ; Jacques et Jean quittent leur bateau et leur père. Leur obéissance est instantanée et absolue. D’une part, elle se présente comme une rupture radicale avec les conditions de vie antérieures : profession, famille, logis, appartiennent à un passé révolu. D’autre part, cette même obéissance introduit l’appelé dans une vie nouvelle, caractérisée par l’adhésion inconditionnelle et exclusive à la personne de Jésus, le partage de sa destinée historique. A l’appel de Jésus, puissions-nous alors répondre avec la même promptitude...
Seigneur, tu nous appelles à marcher à ta suite pour le service du Royaume. Puissions-nous à l’invitation de saint Paul, répondre à cet appel sans divisions, sans esprit de partie, avec le désir de vivre et œuvrer en parfaite harmonie de pensées et de sentiments.
>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu
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