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 :: 3 :: Clôture du Chapitre provincial par Sœur Martine

Comment rendrais-je au Seigneur, tout le bien qu’Il m’a fait, j’élèverai la coupe du salut, en invoquant le nom du Seigneur !

Comment ne pas rendre grâce au Seigneur pour tous ses bienfaits ! Dès le début de ce Chapitre, nous lui avons renouvelé notre confiance, nous lui avons demandé l’abondance de son Esprit, et je crois pouvoir dire avec vous, que nous avons été largement exaucés. Que son nom soit béni !

Nous sommes venus à ce Chapitre avec des sentiments diversifiés, allant de la crainte de ne pas être à la hauteur de la tâche qui nous attendait, en passant par la question du "comment cela va se faire", jusqu’au désir de chercher et de découvrir ensemble le projet de Dieu sur nous. Nous avions une vive conscience de la responsabilité qui nous incombait, nous sachant investis de la confiance de nos sœurs et de nos amis. Cependant, ce qui prédominait, c’était la confiance, la paix, et la joie, de pouvoir prendre part à la recherche et à la réflexion de toute la famille Assomption, pour tendre de notre mieux à faire de "la terre un lieu de gloire pour Dieu."
Nous avons vu dans ce grand défi, un appel à rêver et à voir grand, car seuls les grands rêves défient le temps. Nous avons pu le constater avec Mère Marie Eugénie dont les intuitions et les convictions sont encore d’actualité. Dieu nous appelle à marcher encore aujourd’hui dans son sillage, en parlant le langage et en prenant les moyens de notre temps pour rejoindre nos contemporains.
Nous sommes tous et toutes appelé(e)s à porter jour après jour ce questionnement : Qu’est-ce que je fais, qu’est-ce que je vis ou je dis qui contribue à faire de notre terre un lieu de gloire pour Dieu ; qu’est-ce que je veux faire de ma vie, comment je veux la conduire pour qu’elle soit déjà une manifestation de cette gloire de notre Dieu ? Les jeunes qui sont pour nous une priorité nous sont apparus à nouveau comme une grande préoccupation commune, pour nous laïcs et sœurs.
C’est en partenariat avec les jeunes eux-mêmes et avec les parents que nous pouvons espérer mener à bien la mission d’éducation qui nous est confiée. Là encore, la conversion de notre regard constitue une démarche indispensable et un bon point de départ.
Nous avons davantage senti la nécessité d’être et de cheminer avec eux, de les accompagner avec amour, de leur faire confiance, de les aider à discerner leur propre chemin, et à trouver eux-mêmes les solutions et les réponses à leurs questionnements et à leurs désirs.
Une des grandes soifs des hommes et des femmes de notre temps est celle de la vie spirituelle. Il est urgent pour nous de donner des réponses spirituelles à leurs attentes. C’est en même temps un appel pour nous à intensifier l’expérience spirituelle, et à la leur proposer. L’aspect du témoignage de nos vies est un autre appel fort qui s’adresse à nous tous.
Les Finances ont été un sujet important qui nous a intéressées. La présentation de sœur Carmen nous a permis de réfléchir à certaines questions de fond. Nous voyons combien nous devons être attentives à la question économique dont nous sommes toutes responsables et qui interpelle notre vœu de pauvreté dans ses multiples dimensions. Dans tous les cas, nous devons avoir le souci de l’avenir de la Province à ce niveau précis aussi. Tout en comptant sur la Providence divine, nous devons nous soucier de penser à ce que nous voulons laisser à la postérité. Revenons à toutes les interpellations ressenties et partagées par les unes et les autres, car elles nous concernent toutes.
Les finances ne sont pas sans lien avec notre mission d’éducation dont nous avons eu la conviction qu’elle nous tenait aux tripes, et nous appelle à aller toujours plus loin dans la recherche de moyens et de méthodes appropriées pour y répondre le plus adéquatement possible, en nous laissant d’abord nous-mêmes éduquer. Nous avons évoqué de nouveau l’éternel souci de vivre de notre travail. Nous devons poursuivre la réflexion sur ce point.
Nous allons repartir chez nous, avec la conviction renouvelée que le chemin nous est ouvert, que nous devons nous convertir et que nous devons faire chaque jour le choix de l’espérance qui seule nous fera avancer avec les jeunes, les jeunes sœurs, les amis de l’Assomption et tous nos collaborateurs, dans la recherche des voies et moyens pour construire en solidarité avec nos peuples, un monde de paix, dans la vérité. Nous avons beaucoup parlé de confiance, et je voudrais à ce niveau vous lancer un défi. En effet, je crois que pour qu’il y ait la confiance nous devons commencer chacune par vivre la confiance, nous devons commencer à faire confiance.
La première chose que je vous demande dès votre retour dans vos communautés est celle de transmettre sérieusement à toutes nos sœurs et amis, l’expérience de ce Chapitre. Nous avons le devoir de leur en rendre compte, car c’est eux qui nous ont délégué(e)s.

Avant de terminer, j’aimerais que nous puissions nous remercier mutuellement pour l’expérience vécue ensemble pendant ces cinq jours. Je dis personnellement merci chacun et à chacune de vous, pour le sacrifice consenti à vous mettre en route juste après Noël, comme Marie et Joseph fuyant Bethléem peu de temps après la naissance de l’Enfant Jésus, pour se rendre en Egypte. J’espère que vous ne vous êtes pas senti en exil à Ouagadougou, loin de vos familles et de vos communautés respectives !
Merci à chacun et à chacune pour l’engagement dans le travail intense de nos longues journées de réflexion ponctuées de prière. Merci à sœur Anne Christopher notre Facilitatrice qui nous a aidées à baliser le chemin pour sortir haut les mains de notre riche forêt de synthèse dont nous sommes reconnaissantes à nos communautés. Merci à toutes nos sœurs qui ont accepté d’apporter leur contribution pour nourrir la réflexion.
Merci aux cuisinières, sœurs et amies de l’Assomption qui nous ont assuré plus que la subsistance quotidienne. Un merci particulier à Nicole qui a quitté Abidjan exprès pour venir leur prêter main forte. Merci à nos amis et sœurs de la communauté de Ouaga qui nous ont réservé un accueil si chaleureux que nous nous sommes sentis tout de suite chez nous, en famille.
Merci aux sœurs de toutes les commissions qui se sont dévouées pour que tout marche comme sur des roulettes aux différents niveaux.
Merci à sœur Maria Bernarda dont nous avons fait mémoire au cœur de ce Chapitre. Sa présence discrète nous a aussi accompagné(e)s durant nos travaux.
Je vous avais invité(e)s à entrer dans ce Chapitre avec beaucoup d’espérance, pour en faire une expérience dans l’ici et le maintenant. Où en sommes-nous aujourd’hui ?
L’évaluation nous a suffisamment démontré que nous repartons pleins de cette espérance. Elle a même été nourrie par l’écoute des uns et des autres. Que le Seigneur nous donne de maintenir la flamme allumée et d’en éclairer les autres ! Qu’il nous donne d’être des hommes et des femmes de paix dans la vérité et dans l’amour !
Bon retour dans nos familles nos communautés, nos pays. Soyons comme les Rois mages qui vont à la recherche de l’Enfant-Roi. Suivons son étoile et nous serons sûr(e)s d’arriver là où nous attendent nos frères et sœurs assoiffé(e)s d’entendre la bonne nouvelle semée dans nos cœurs.
Restons dans la communion et continuons à préparer le Chapitre Général de juillet 2006, "dans la prière active et dans une action contemplative" selon le mot de sœur Cristina, et en étant comme Mère Marie Eugénie, "des hommes et des femmes de foi et d’action." (cf. lettre de convocation de Sr Cristina Maria)
Sur ce je déclare clos, notre Chapitre provincial 2006 !

Sœur Martine TAPSOBA
Ouagadougou, le 4 janvier 2006

01/12/2005
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