Enregistrer au format PDF Imprimer l'article envoyer l'article par mail

27 juin 2005 : homélie du Père Bernard Van Meenen

"Dans l’expression « Premiers vœux », il y a le mot « premier », et cela indique un commencement. Cela ne veut pas dire qu’il n’est rien passé avant ; au contraire, ce qui est arrivé avant, c’est ce qui laisse venir un commencement, c’est ce qui le rend possible et le permet."

’’Le Magnificat est sa prière de joie et d’action de grâce devant la puissance de Dieu à l’œuvre dans sa vie’’
Règle de vie 73

’’La loro vita diviene offerta e pane condiviso per il mondo’’
Regola di vita 81

>> Voir les photos de la célébration
>> Pour télécharger l’homélie au format .pdf, cliquer
>> Pour télécharger l’homélie au format .pdf, cliquer

Sœurs et frères, cher-e-s ami-e-s,

Nous sommes ici avec Sœurs Mariadele et Anne-Flore, pour célébrer leurs premiers vœux. Dans l’expression « Premiers vœux », il y a le mot « premier », et cela indique un commencement. Cela ne veut pas dire qu’il n’est rien passé avant ; au contraire, ce qui est arrivé avant, c’est ce qui laisse venir un commencement, c’est ce qui le rend possible et le permet. Pour nous, dans nos vies de femmes et d’hommes, rien ne commence « à partir de zéro », il n’y a pas de table rase. Mais ce qu’il y a, c’est une histoire propre à chacun-e, un chemin parcouru, une mémoire vivante. Sans cette histoire, ce chemin, cette mémoire, rien ne commencerait. Vous qui êtes ici aujourd’hui, pères et mères, frères et sœurs, parents et proches de Mariadele et d’Anne-Flore ; vous leurs sœurs des communautés de l’Assomption, venues de tous les horizons  ; vous leurs amies et amis qui êtes venu-e-s les entourer -, vous êtes - chacun-e à sa manière -, témoins de ce qui leur permet de dire aujourd’hui une parole de commencement, leurs premiers vœux. Je ne veux pas dire par là que seriez les représentant-e-s de leur passé ; mais plutôt, dire que ce qui commence aujourd’hui pour elles est aussi passé par vous, de bien des manières, à travers l’histoire qui est la leur.

Cela, nous le disons aussi dans la foi. Nul-le d’entre nous n’y est seul-e. Car ce qui commence dans la foi, nous ne le devons pas à nous-mêmes : la foi n’est pas fille de notre volonté propre. Nous ne le devons même pas non plus à Dieu, car Dieu ne nous met pas en dette envers lui. Dans la foi, si je puis dire, Dieu ne fait que commencer. C’est toujours imprévisible, ce n’est jamais dû : c’est ce que nous appelons la grâce. Cela n’arrive pas à côté de notre vie, ni au-dessus, ni plus loin, mais au plus intérieur, là où s’éveille un désir de Dieu, le sien envers nous et le nôtre envers lui, dont nul-le ne sait où il conduira.
Aussi est-il bon d’entendre aujourd’hui une page du Livre de la Genèse. C’est justement le Livre des commencements. Voici donc Abraham et Sara, en présence d’un visiteur pour le moins inattendu. Imprévisible visite du Seigneur : c’est lui qui est quête d’hospitalité. Mais il ne force pas l’accueil, c’est Abraham qui accourt à sa rencontre : « Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas loin de ton serviteur  ». Qui pourrait se faire l’hôte d’un Dieu lointain ? Mais qui ne serait surpris-e de recevoir la visite inattendue d’un Dieu passant, si proche  ? Alors que, ma parole, rien n’est prêt ! Il faut encore pétrir la pâte pour faire les galettes, apprêter le repas et le présenter ... Le Seigneur ne fait pas dépendre sa visite de nos préparatifs, il se présente à notre hospitalité, sans que nous l’ayons prévu. Tout comme est imprévisible sa parole, celle qu’il laisse comme une promesse à Abraham et Sara. C’est une annonce, mais ce qui s’y s’annonce, c’est ce qui ne dépend pas de nous, que nous ne pouvons maîtriser, et qui nous échappe : c’est à l’image d’une impossible naissance à venir, la vie qui passe là où on ne l’attendait plus ... Et voici que, comme à Sara, un rire nous échappe, qui nous surprend nous-mêmes et déjoue toutes nos défenses ...

Oui, c’est par le plus inattendu que cela commence. Dieu n’est jamais dans les habitudes, mais la foi n’est pas une habitude non plus, on ne s’y accoutume pas. C’est si vrai qu’aujourd’hui, dans l’Évangile, la foi de quelqu’un vient surprendre jusqu’à Jésus lui-même.

Le centurion, ce lointain, s’adresse à Jésus, et ce n’est pas pour lui-même, mais pour un autre, son serviteur malade. Et ce lointain, cet étranger, dit encore : « Seigneur, je ne suis pas capable que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole, et mon serviteur sera guéri ». Disant cela, ce qui compte pour lui, ce ne sont pas ses aptitudes ou ses capacités, mais la confiance en la parole de Jésus. Or ce qui surprend Jésus - il n’a jamais trouvé cela, dit-il -, c’est une telle confiance, non en faveur de soi-même mais pour un autre, confiance venant de quelqu’un qui a coutume d’être obéi par d’autres. Alors ici, c’est Jésus qui est en présence de l’inattendu : il n’obéit pas à un ordre, il laisse agir la confiance, celle qui ne revendique rien de soi-même ni pour soi-même, mais qui prie pour un autre.

« Que tout se passe pour toi selon ta foi », dit Jésus. Quelle est cette parole ? C’est un vœu. Non pas un vœu pieux, mais une parole qui laisse passer la vie, grâce à la foi, elle qui se fie en Jésus, non pour soi-même, mais pour d’autres. Ainsi, en disant  : « Que tout se passe pour toi selon ta foi », Jésus délivre et libère du souci de soi. Tel est son vœu, celui qu’il accomplit pour nous, jusqu’au bout, selon la parole de l’Écriture : « Il a pris nos souffrances, il a porté nos maladies  ». Est-il une parole plus imprévisible que celle-là, par laquelle Dieu se voue à nous, jusqu’au plus incompréhensible de notre condition humaine ? C’est très inattendu, que Dieu nous visite, en quête de notre hospitalité, là où il n’y a ni gloire, ni éclat, ni puissance ... C’est là, pourtant, que cela commence, comme à l’aube d’une joie inimaginable, à l’issue de la nuit traversée. Quand dans la foi, nous appelons cette joie de nos vœux, un autre déjà, le Christ, s’y est engagé avec nous, et pour nous, jusqu’au bout. Et le plus inattendu arrive, quand nos vœux rencontrent le sien. Quand notre désir rencontre sa grâce ...

Père Bernard Van Meenen

>> Pour voir les photos, cliquer
>> Pour télécharger l’homélie au format .pdf, cliquer
>> Pour télécharger l’homélie au format .pdf, cliquer
>> Pour télécharger le livret de l’assemblée au format .pdf, cliquer

27/06/2005
Enregistrer au format PDF Imprimer l'article envoyer l'article par mail
> Tous les articles remonter Remonter