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2008 : De la Communauté de Scandinavie

Mars 2008

Nous venons partager avec vous quelques nouvelles pendant ce temps de Carême.

D’abord, comment se sont passées les cérémonies du 10 Mars dans la paroisse, la communauté et l’école.

Nous n’avions pas trouvé d’occasion pour célébrer la canonisation de Marie-Eugénie dans la paroisse. Alors nous avons décidé de fêter Marie-Eugénie dans la paroisse lors du Dimanche 9 Mars. La messe dominicale, qui accueille régulièrement entre 200 et 250 personnes, est toujours suivie d’un "Kirke Kaffe"- café ecclésial si l’on peut dire !!! -Les paroissiens s’inscrivent à tour de rôle pour ce service. Cette fois-ci, c’était notre tour ! Une bonne centaine de personnes est restée pour écouter qui était cette nouvelle sainte que les sœurs de l’Assomption donnaient en partage !

Nous avons présenté Marie-Eugénie à travers un PowerPoint, puis nous avons accueilli les nombreuses questions qui surgissaient. Le moment le plus émouvant a été lorsque deux paroissiens ont exprimé l’importance de notre présence avant tout priante dans la paroisse, et ont témoigné de la guérison, l’un de sa petite fille, l’autre de son petit fils, atteints tous deux d’un cancer, après une longue neuvaine de la communauté à Marie-Eugénie. L’un de ces paroissiens, Steen, était lui-même atteint d’un cancer, et depuis des semaines nous priions pour sa guérison. Steen nous a appris ce jeudi le résultat de son dernier scanner : les taches noires dans les poumons avaient disparu ! Marie-Eugénie se fait découvrir à la paroisse comme une sainte dont l’intercession amène la guérison des enfants... Quelle merveille !

La fête de Marie-Eugénie tombait cette année un lundi, ce qui nous a donné l’occasion de le faire partager à Rygaard, lors d’une célébration œcuménique, avec notre prêtre Jesper Fich pour la section danoise. A partir du logo de notre école, nous les avons fait réfléchir sur la pensée de Marie-Eugénie, sur ce qu’elle désirait pour les écoles de l’Assomption.
Et Anna Kristina d’expliquer en faisant bien sonner ses mots, les principaux éléments du logo de l’école de Rygaard : nous sommes dans le même navire, ce qui signifie le rassemblement de nous tous : une famille d’amis réunis en communion. Nous sommes en route tous ensemble, nous prenons le large, c’est le propre du bateau. Que la mer soit furieuse ou tranquille, peu importe, c’est la réalité de la vie : nous partageons ensemble joie et difficultés. La Croix du Christ nous fait comprendre que Dieu est toujours au centre de notre école, c’est Lui qui nous guide : nous ne sommes jamais seuls, nous savons où nous allons. Mais cela ne suffit pas : le cercle entourant le logo, c’est le monde. Notre vie a un but : celui de transformer le monde là où nous sommes, à la gloire de Dieu.

Ce 10 mars, de retour à la maison, nous avons célébré la messe festive de Marie-Eugénie avec plusieurs personnes du dehors, suivi d’un repas fort joyeux avec deux personnes du Tiers Ordre et notre prêtre.

Le mercredi 12 a eu lieu une deuxième célébration, cette fois pour la section internationale. Notre sœur Jo s’était surpassée pour présenter un PowerPoint, en collaboration avec un des professeurs. Les élèves ont pu voir les logos du monde entier et découvrir qu’il est d’une manière ou d’une autre représenté de la même manière dans presque toutes les Provinces de l’Assomption. Ils ont aussi découvert combien l’Assomption est grande comme le monde, lors de la soirée internationale des jeunes à la canonisation de Marie Eugénie à Rome. Puis cela a été le tour de toute la section internationale d’entonner ce chant "Si.. Gloria de Dios !", avec une ardeur incroyable, tous les petits poings levés au rythme du "Si". Il nous a été donné de revivre un peu de cette merveilleuse atmosphère que nous avions vécu durant la soirée des Jeunes à Rome. Ce chant, dont les versets ont été traduits en anglais, et le seront bientôt en danois, est en train de devenir LE chant de Rygaard !

Nous vous livrons maintenant la "perle" de notre action de Carême ; il s’est agi pour toutes les écoles catholiques et les paroisses de s’unir au même projet de Caritas International : aider des enfants du Manipur, une région très pauvre du Nord Ouest de l’Inde, à payer un an d’école, ce qui équivaut au montant de 200 couronnes (environ 30 euros) par enfant scolarisé. Nous n’avions que trois semaines devant nous, mais toute l’école s’y est mise. Nous avions dessiné un grand cercle en carton avec des dizaines de petits bonshommes sans tête. A chaque fois qu’une classe avait atteint le quota de 200 couronnes, elle recevait un autocollant sur lequel une petite tête souriante était dessinée (qui ne connaît ces "smileys" ?). De cette façon, toute l’école pouvait constater que le nombre de petites têtes sur le corps des bonshommes augmentait de semaine en semaine. 2 équipes d’enfants, une pour la section danoise, une autre pour la section internationale, passait officiellement une fois par semaine dans chaque classe. Nous avons vu des enfants donner le résultat de petits travaux faits à la maison dans le but de recevoir de l’argent pour Manipur. Nous en avons vu d’autres donner de leurs économies. L’un d’eux eux économisait pour s’acheter un computer dont il rêvait depuis longtemps. "Cela attendra bien quelques mois de plus", dit-il, "l’éducation d’un enfant est plus important qu’un computer pour moi !", et il versa dans la tirelire une bonne partie de ce qu’il avait mis de côté. Grands et petits ont mis tout ce qu’ils pouvaient, avec une joie et une ardeur touchantes, sentant bien qu’ils se portaient les uns les autres pour réussir le défi d’envoyer 100 enfants (20.000 couronnes) à l’école. Le thème du mois n’était pas "l’amour" mais "la justice".
Il ne s’agissait pas de "faire de la charité" à plus pauvre que soi, mais de rendre justice à ceux qui ne pouvaient même pas accéder au Droit des enfants d’apprendre à lire et écrire, de recevoir une éducation. Les parents eux-mêmes s’étaient joints à ce projet, vendant par exemple des gâteaux dans un des bâtiments de l’école, donnant généreusement à la messe internationale des familles, faisant l’un ou l’autre don anonyme. La première semaine, les enfants avaient gagné un peu plus de 6000 couronnes. La deuxième semaine, un peu plus de 9000 couronnes. Et la 3e semaine, où généralement la générosité s’effiloche par lassitude... plus de 13.000 couronnes ! Des enfants nous courraient après dans les couloirs, pour nous apporter fièrement un billet de 50 couronnes gagné à la dernière minute. Un grand élève un peu dégingandé, avec son walkman sur les oreilles, ouvrait son porte-monnaie et versait, même son compter, tout le trésor de ses menues pièces. Un professeur nous cherchait désespérément pour nous donner la dernière collecte de la classe, 400 couronnes, 2 enfants de plus à l’école !

Le jour de la sortie, vendredi dernier, les enfants ont joué 3 représentations de la Passion-Résurrection pour les 800 élèves de l’école. A la fin de chaque représentation, Anna Kristina s’est alors avancée en montrant à tous un grand cercle en carton, débordant de partout de petits bonshommes avec leurs bonnes têtes. Puis elle a retourné le carton pour permettre aux enfants, professeurs et parents présents, de lire la somme totale : 40.600 couronnes, soit 203 enfants à l’école de Manipur !
L’église comble a éclaté en applaudissements, avec des "ouah"et des regards à la fois admiratifs et presque incrédules. Quand le groupe international a reçu l’annonce de la somme, un grand silence s’est fait... comme au ciel ! Puis un tonnerre d’applaudissements jaillissant soudain de ce silence si dense. Et Anna Kristina de leur dire avec force détermination : "Oui, voyez-vous, on peut changer le monde ! Vous avez changé le monde ! Vous avez changé le destin de 203 enfants, leur futur, celui de leurs familles !"

N’est-ce pas l’actualisation des fruits de la Résurrection aujourd’hui, en 2008, à Rygaard ? N’est-ce pas cela, la mise en pratique de ce que nous dit Marie Eugénie : "Avoir une action tranchée dans notre petite sphère" ? Oui, nous avons pu voir sur le visage de ces enfants, parents et professeurs, la joie du matin de Pâques, où une terre nouvelle, celle de Dieu, surgit en nous et parmi nous, pour la joie de tous !
C’est sur cette note pascale, du triomphe de la générosité sur l’individualisme, de l’ardeur sur la lassitude, de la vie sur les forces de mort, que nous vous souhaitons une BONNE FETE DE PAQUES, DANS LA JOIE DU CHRIST RESSUSCITE ET RESSUSCITANT ! Nous vous embrassons de tout cœur,

La communauté de Scandinavie.

14/03/2008
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