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19e dimanche du temps ordinaire
Seigneur donne-nous de quitter les bruits de ce monde, le vacarme de nos idéologies et de nos revendications, pour entendre le silence dans lequel tu parles... Que l’écoute attentive et docile de ton murmure de brise légère élargisse notre cœur et fortifie notre foi.
Le mot d’explication :
La marche de Pierre sur les eaux est un passage propre à Matthieu, qui s’insère dans le récit de la marche de Jésus sur la mer. La mer est symbole des forces de mal et de mort ; en marchant sur la mer, Jésus manifeste sa victoire sur le mal et la mort.
Les disciples, à la fin de l’épisode, sont présentés dans l’attitude de foi de ceux qui se prosternent. De Pierre, à qui le Seigneur confiera son Eglise, on voit la fragilité.
Jésus accompagne son Eglise. Il vient en aide à ceux dont la foi faiblit, mais qui savent implorer son aide. Il ne demande pas aux pasteurs, aux croyants d’être infaillibles, mais d’avoir foi.
Méditation :
Les textes de ce dimanche nous présentent deux figures de rencontre avec Dieu. La première est celle d’Elie. Il est mis en présence de trois éléments cosmiques : l’ouragan, le tremblement de terre et le feu, dans lesquels Dieu n’est pas présent. La force des éléments cosmiques est sans commune mesure avec la faiblesse de la voix dont l’identité est à découvrir. Elie doit apprendre à discerner pour entendre la parole. Et ce qu’il entend, en définitive, c’est une voix qui résonne dans le silence. C’est une voix de fin silence...
Dans la figure d’Elie, le texte biblique tente de dire ce qui fonde l’expérience prophétique : une écoute de la voix de Dieu au plus intime de l’être. Le travail prophétique s’opère sur le fond d’un discernement de la parole, qui est une parole de fin silence.
Quant à Pierre, il est invité par Jésus à une expérience de foi. Il demande à Jésus l’autorisation de le rejoindre sur les eaux. Ce dernier l’habilite à faire ce que lui-même est en train de faire : à marcher sur les eaux. Il lui donne de partager sa puissance. C’est par la seule vertu de sa foi ou parce qu’il s’en remet totalement à Jésus que Pierre peut marcher sur les eaux. Il suffira donc que cette relation soit perturbée pour que la puissance du disciple disparaisse. C’est ce que montre la suite du récit : en voyant le vent Pierre a peur. Sa crainte devant les fatalités de ce monde l’emporte sur sa confiance dans la puissance accordée par Jésus. Dans la mesure même où il cesse de s’en remettre à Jésus sa puissance s’évanouit, il coule. Alors que la marche de Pierre sur les eaux attestait sa foi, son naufrage révèle son incroyance. Mais il s’agit dune incroyance paradoxale, car, alors même qu’il s’enfonce dans les eaux pour avoir cessé de s’en remettre à Jésus, Pierre l’appelle au secours.
A cette seconde prière de Pierre, Jésus répond par un geste et une parole. En le sauvant d’un naufrage sans retour, il lui montre l’inanité du doute et lui apprend que la relation du maître et du disciple n’a pas son fondement solide dans la foi du disciple, mais dans la fidélité du maître. Il le sauve en lui tendant la main et lui révèle la cause de son échec : son doute et la peur qui l’assaillent lorsque l’épreuve survient. Pierre est un homme de peu de foi parce qu’il doute du pouvoir de Jésus sur le vent qui souffle.
La scène entre Pierre et Jésus illustre donc la grandeur de la promesse accordée à la foi (Pierre marche sur les eaux), mais aussi l’incapacité du disciple à s’en tenir à cette promesse dans la tentation (Pierre coule). Elle montre la grandeur et la misère de la condition dus disciple.
Seigneur donne-nous de quitter les bruits de ce monde, le vacarme de nos idéologies et de nos revendications, pour entendre le silence dans lequel tu parles... Que l’écoute attentive et docile de ton murmure de brise légère élargisse notre cœur et fortifie notre foi. Que les forces de mort qui nous tirent vers le bas ou le vent qui nous agite ne soient pas plus forts que notre confiance en toi. J’écoute : Que dira le Seigneur Dieu ? Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple, le salut pour ceux qui le craigent (Ps 84).
>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu
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