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15e dimanche du temps ordinaire
Seigneur puisque la Parole qui sort de ta bouche ne te revient pas sans résultat, accorde-nous la grâce d’un cœur attentif et consentant, capable de s’ouvrir et d’accueillir le don surabondant qu’elle promet.
Le mot d’explication :
Jésus, comme rabbi, maître, enseigne d’une manière privilégiée avec des paraboles. En grec, le mot parabole est composé d’une proposition : à côté de et du substantif : jet (de pierre). Parabole peut indiquer le rapprochement de deux navires, une rencontre de planètes, un parallèle entre deux situations... La parabole se base sur un rapprochement, une comparaison : un récit fictif est rapproché et comparé à un élément réel, en fonction duquel celui qui énonce la parabole a inventé le récit. La parabole est un discours qui ne se comprend pas, si on ne va pas au-delà d’une première réalité. Au point de départ, il y a une expérience quotidienne, mais le récit suppose un au-delà de cette expérience. La parabole, dans l’enseignement de Jésus, provoque ; elle indique quelque chose d’actif, qui s’accomplit. Face à cette activité, cet accomplissement, l’interlocuteur est appelé à prendre position, à réfléchir sur la réalité à laquelle renvoie allusivement le récit.
Méditation :
Entre la parabole du semeur racontée par Jésus dans l’Evangile et son interprétation est insérée une déclaration selon laquelle les mystères du Royaume des cieux ne sont révélés qu’aux disciples. Jésus parle en parabole pour ceux qui voient sans voir et entendent sans entendre. La parabole prend un détour pour enseigner la vérité à la foule aveugle et sourde. C’est que la parole intime, si on la livre directement, risque d’être entendue du dehors et faussée. Il y a nécessité de confidence pour ce qui est intime. C’est pourquoi Jésus parle en parabole de cette mystérieuse semence donnée en abondance : l’intime vérité de Dieu se communique, en restant un secret qui ne se dévoile que dans l’intimité et la confiance. Elle est audible pour ceux qui se confient en celui qui parle au nom du Père, mais reste insaisissable pour ceux qui veulent comprendre en dehors de la foi.
L’accent est mis sur la mystérieuse collaboration entre la semence, l’annonce de la bonne nouvelle, et le sol, la réaction de l’auditeur. Bref, l’attention est mise sur le rendement du grain selon le terrain, et plus particulièrement encore sur la bonne terre et le fruit qu’elle porte. L’interprétation de la parabole avertit clairement des obstacles à la compréhension de la Parole. Les auditeurs sont invités à résister aux artifices de l’Adversaire, à persévérer au milieu des difficultés et des persécutions, à veiller à ce que les richesses et les plaisirs ne les empêchent pas d’obéir à la Parole. Il doivent écouter et consentir, libres de toute entrave. C’est l’invitation à une démarche personnelle. Mais la bonne nouvelle c’est que la Parole est en réalité toujours féconde ; il s’agit simplement de ne pas y mettre d’obstacle !
Seigneur puisque la Parole qui sort de ta bouche ne te revient pas sans résultat, accorde-nous la grâce d’un cœur attentif et consentant, capable de s’ouvrir et d’accueillir le don surabondant qu’elle promet.
>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu
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