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13e dimanche du temps ordinaire

Celui qui n’accepte pas que la suite soit une suite de souffrance n’est pas digne de Jésus parce qu’il préfère sa propre sécurité à Jésus. L’adhésion à Jésus n’exige pas seulement une décision claire qui peut provoquer la rupture des liens familiaux, elle implique également une destinée douloureuse.

- Le mot d’explication :

Le disciple doit prendre sa croix, le poids du mal subi par le péché des autres et le poids de son propre péché, et passer derrière le Christ (Le suivre), Lui qui est mort au péché une fois pour toutes. Sauver sa vie alors ne veut pas dire échapper à la souffrance et à la mort. Consentir à perdre sa vie à cause de Jésus et de l’Evangile, c’est entrer dans la tâche de Jésus, porter son message, partager sa croix, et en même temps entrer dans le salut qu’Il inaugure en vivant selon les vues de Dieu.

- Méditation :

Le passage évangélique proposé par la liturgie de ce dimanche conclut le discours adressé par Jésus à ses disciples lorsqu’il les envoie en mission. Dans le temps de crise qu’il instauré : n’allez pas croire que je sois venu instaurer la paix... (10,34-36), il convient de prendre des décisions claires à son égard. Aussi Jésus dénonce-t-il les attachements familiaux dans la mesure où ces derniers empêchent une adhésion sans réserve à sa personne. Jésus ne revendique pas une affection supérieure à celle que le disciple témoigne à sa famille. L’accent est mis sur l’engagement. Est critiqué celui qui, dans une situation de crise nécessitant une décision, préférerait rester avec sa famille plutôt que suivre Jésus. Le croyant qui opte pour sa famille plutôt que de pour Jésus n’est pas digne de lui. La dignité dont il est parlé ici n’est ni préalable à l’appel de Jésus, ni conféré par une initiation religieuse. La dignité ou l’indignité du disciple dépendent de la relation qu’il entretient avec le maître. Le Christ, dans ce passage de Matthieu, revendique son disciple d’une manière si totale et si exclusive qu’en situation de crise, ce dernier doit être résolu à abandonner ses affections naturelles pour suivre son maître : les liens familiaux deviennent des obstacles à la foi s’ils limitent le fidélité.
Jésus critique encore le disciple qui ne se charge pas de sa croix. Cette expression est en lien avec la passion du Christ. Le disciple, en partageant la destinée de son maître et en se soumettant publiquement à sa seule autorité, encourt la même violence criminelle et la même dérision que son Seigneur. Le disciple qui ne se charge pas de sa croix est, au contraire, celui qui, tout en prétendant se ranger aux côtés de Jésus, refuse d’accepter la solitude et la souffrance inhérente à sa condition. Le et me suit explique la condition précédente : c’est parce que le disciple suit Jésus, partage son itinérance dramatique, qu’il est exposé à la souffrance et à la moquerie. A l’inverse, la souffrance qui l’accable et la moquerie qu’il subit n’ont de sens que parce qu’il suit Jésus. La suite du Christ est une suite dans la souffrance, qui peut culminer dans le martyre.
Celui qui n’accepte pas que la suite soit une suite de souffrance n’est pas digne de Jésus parce qu’il préfère sa propre sécurité à Jésus. L’adhésion à Jésus n’exige pas seulement une décision claire qui peut provoquer la rupture des liens familiaux, elle implique également une destinée douloureuse. Mais cette double exigence est légitime, car en s’y soumettant, l’homme gagne son salut. La manière dont la personne vit, en effet, sa vie actuelle engage sa destinée future. Celui qui trouve sa vie est celui qui refuse de porter sa croix. Il s’agit donc de l’homme qui n’accepte pas la destinée de souffrance et la dérision inhérente à la suite du Christ, qui ne renonce pas à sa volonté d’indépendance et de sécurité, qui entend être le maître de sa vie et en disposer selon ses intérêts. Cet homme qui croit gagner sa vie la perdra. Il sera jugé pour s’être désolidarisé du Christ souffrant et pour avoir construit sa vie selon des sécurités apparentes. Celui qui perd sa vie est celui qui l’abandonne, qui renonce à lui conférer la moindre valeur ou à la mettre en sécurité, au risque même de la mort. Cet abandon et cette renonciation n’ont pas de valeur en soi, ils sont assumés au nom de Jésus, c’est-à-dire par obéissance et fidélité au maître. Celui qui décide de suivre le Christ, quelles qu’en soient les conséquences immédiates, celui-là trouvera la vie. Il recevra sa vie de Dieu, c’est-à-dire il participera au Royaume des cieux. Heureux si nous sommes de ces hommes et de ces femmes...

© Sr Sophie Ramond, r.a.

>> Cliquer pour l’introduction à l’Evangile de Matthieu

01/12/2007
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