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10 mars 2004 : l’homélie du Père Stephan

Célébrons-nous, pour la dernière fois, la fête de la Bienheureuse Marie Eugénie ? c’est possible... si l’an prochain nous prions la "sainte". Alors, préparons-nous !

Père Hervé Stephan, 10 mars 2004, Auteuil

Ecoutons ce que nous demandait Paul VI le 10 février 1975 : "les saints, parce qu’ils sont les intimes de Dieu, ne vieillissent pas . Marie Eugénie est notre contemporaine. La sainteté est la promotion la plus originale à laquelle les femmes peuvent accéder. Retournons donc à notre travail. Emportons avec nous le DESIR de la sainteté humble et ardente. Il faut OSER la SAINTETE." Le Pape ne disait pas "oser la Canonisation". Il nous invitait à l’audace pour désirer la sainteté dans notre propre vie.
Marie Eugénie la désirait avec audace, acharnement.

A 20 ans : "ô mon Jésus, c’est votre sainte folie qui me sauve . S’il faut être fou pour Dieu, je veux être folle pour vous."
A 45 ans : "je veux tendre sérieusement à la perfection, cette année, sans "si", sans "mais" ... sans réserve , dans tout le sérieux de mon âme, dans toute l’étendue de la volonté de Dieu."
A 60 ans : "je demande à Dieu ma sanctification... et celle de nos maisons, et celle du P.d’Alzon"...qui avait fait le vœu depuis 30 ans déjà de se dévouer entièrement à la perfection de M.Eugénie.
Plus elle avançait en âge, plus elle désirait, voulait cette sainteté pour elle, pour ses sœurs, pour ses frères. Combien plus en ce temps-ci  ! Elle ne prie pas pour sa canonisation, mais pour notre sainteté.
Pour notre sainteté. Qu’est-ce qui est le plus facile pour elle ? Guérir aux Philippines une pauvre fillette qui l’aime depuis des années ou garder depuis 1840 sa famille Assomption , ou aujourd’hui nous entraîner , nous, avec elle, à la suite du Christ, sans "si" sans "mais"...sans réserve. Aujourd’hui, elle choisit le plus difficile : la sainteté d’une Congrégation, notre sainteté. Alors, avec elle, osons la sainteté pour être au rendez-vous à la Canonisation !

Si je ne rêve pas de perfection ni pour moi, ni pour vous...je peux oser le chemin de sainteté pour nous tous. C’était le chemin de Marie Eugénie quand le Père d’Alzon lui écrivait : "en vous, je vois :
1°) une assez belle nature primitive, franche et droite ;
2°) les traces du péché originel ;
3°) une pauvre et bonne fille toute lavée du sang de Jésus Christ qui l’aime comme un Dieu aime, et qu’elle voudrait bien aimer et faire aimer".
Cette pauvre et bonne fille avait 30 ans. Elle était déjà sainte, sinon parfaite. Et elle nous montre le chemin.

Son chemin, le voici en trois mots : Tout Jésus Christ - Humilité - Joie.
Tout Jésus Christ. C’est le premier pas sur la route. A l’Assomption, dit-elle, tout est DE Jésus Christ, tout est A Jésus Christ, tout doit être POUR Jésus Christ. DE - A - POUR : Ce n’est pas un jeu de prépositions, c’est un programme évangélique . Voyons ce qui, dans nos vies, est DE Jésus Christ, A Jésus Christ pour arriver à la conclusion, au but : POUR . Tout doit être POUR Jésus Christ.
Beau programme en ce temps de Carême . "C’est folie de ne pas être ce que je suis avec le plus de plénitude possible". Retenons donc ce premier pas de baptisé : Tout pour Jésus-Christ.
L’humilité : premier pas sur notre chemin de sainteté. Le pas qui conduit à Jésus Christ. Marie Eugénie y tient absolument comme à une pierre fondatrice de l’Assomption. Elle l’exigeait dans un de ses fameux chapitres : "Je ne puis accepter que l’humilité ne soit pas la vertu marquée de l’Assomption. Non, je ne puis l’accepter. Vous êtes filles de l’Assomption". Vous devez monter, vous élever (sous entendu comme Marie à l’Assomption). Comment vous élever ? En vous abaissant, en entrant dans l’humilité de Jésus qui s’est fait tout bas, homme, un homme obéissant quand il est monté sur sa croix.
Oui, Marie Eugénie était sainte parce qu’elle était humble, comme Jésus Christ.
La joie, enfin ! La fleur de notre sainteté selon le charisme de Marie-Eugénie. Jésus, dans l’évangile de ce jour, la promet : "Demeurez dans mon amour... pour que ma joie soit en vous". Marie-Eugénie nous invite à ne pas oublier la joie, à traverser les difficultés de notre vie dans ce qu’elle appelait un "dégagement joyeux", ce que la Règle de Vie de la Congrégation définit en ces termes : "c’est la disposition à prendre toute chose du côté de Dieu, de son amour, à accomplir avec confiance tout ce qui vient de Lui, à traverser les souffrances inhérentes à l’existence, sûres que rien ne peut nous séparer de Lui."

Ce fut la joie de Jésus, celle de Marie, celle de Marie Eugénie.

Père Hervé Stephan, AA

12/03/2004
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