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10 mars 2002 : Homélie du Père Stéphan

Fête de la Bienheureuse Marie-Eugénie Milleret - Auteuil - France

Nous sommes rassemblés ce matin pour célébrer le Seigneur qui a choisi Anne Eugénie Milleret devenue Marie-Eugénie de Jésus. Il l’a appelée, aimée et consacrée.

En ce lieu, de pèlerinage, vous aimer venir, vous rassembler, pour entourer les restes de Marie-Eugénie, pour vous souvenir et accueillir l’Esprit de l’Assomption. Là... au fond de la Chapelle, les restes du corps ? Mais son vrai corps, c’est vous, sœurs et amis. Son vrai corps, ce sont ces deux paroles de Dieu qui demeurent ici, allumées en permanence.

Petra erat Christus.

Les rabbins juifs, relisant Exode 17, disaient : la pierre que Moïse a frappé pour trouver une source dans le désert. Cette pierre a suivi le peuple jusqu’à la terre promise. Paul a continué : cette pierre était le Christ. Et ici, Marie-Eugénie nous dit : Ici, Christ est notre vie, notre chemin, notre source, notre amour.
"Vous êtes la Maison..." (2ème lecture) La deuxième parole de Dieu, c’est la parole de Marie-Eugénie de Jésus. Elle est là, gravée sur sa bague de profession :
Toi qui sais tout, tu sais bien que je t’aime. La première parole disait sa foi. La deuxième nous dit son secret d’amour, pourquoi elle a choisi de devenir Eugénie de Jésus. Alliance d’amour.

En 1975, les sœurs de l’Assomption auraient choisi et désiré pour la messe de Béatification Jean 21... On leur aurait répondu à Rome que c’était réservé aux papes ! Et nous avons donc la grâce d’entendre Jean 15.
Imaginons la, ce 14 août 1841. Comme Marie de Béthanie, aux pieds de Jésus. Eugénie Milleret écoute.
Comme le Père m’a aimé, je t’ai aimé.
Demeure dans mon amour.
C’est moi qui t’ai choisi pour que tu ailles et portes du fruit.

Ce 14 août elle a porté au doigt sa réponse. A son doigt, en elle...
Tu sais bien que je t’aime.

On retrouve dans ses notes intimes d’août 18741 : Il y a une parole que je n’ai pas OSE prendre pour ma bague. Une parole du Cantique des Cantiques : "Mon Bien-Aimé est à moi, et moi à lui". Et pourtant (ajoute-t-elle) mon âme se disait à elle-même qu’un jour mon époux serait tout à moi et moi tout en lui... Elle n’a pas osé... qui sait pourquoi ? A-t-elle préféré une parole aussi pleine d’amour mais plus humble ? Tu sais bien, toi qui sais tout.
Tu dois savoir que je t’aime. Tu m’aimes.
Alors, pais mes brebis. Aime mon Eglise.
Tu m’aimes, alors, suis moi.

Je n’ai pas voulu faire une homélie sentimentale. Marie-Eugénie, a-t-on dit, était une femme de tête, une femme de cœur et de passion, une femme d’action.
Mais nous avons rappelé ce que fut le buisson ardent des premiers temps de sa conversion. Nous en avons fait le tour avec elle. Et elle nous redit ces paroles de sa vieillesse : En revenant sur les premiers jours en voyant tout ce que Notre Seigneur a fait pour nous, j’ai été frappé de cette pensée : Tout est DE Jésus Christ, tout est A Jésus Christ, tout doit être POUR Jésus Christ.
Cet été, au Cameroun, une profession de trois jeunes Africaines. Derrière l’autel, cette phrase de la fondatrice : J’ai voulu me donner à Jésus Christ et non me prêter.

Bienheureuse Marie-Eugénie de Jésus, en ce jour, nous avons voulu vous écouter, au cœur. Entendre votre secret. Il y a a plus de 100 ans qu’auprès du Père, en Jésus Christ, vous savez que c’est vrai, ce que vous nous disiez et proposiez : Mon regard est tout en Jésus et à l’extension de son Règne.
Amoureuse de Jésus Christ et de son Royaume. Elle le fut. Le sommes-nous ?

Mon supérieur général, Richard Lamoureux (L’amoureux !) intitulait sa première lettre, je ne sais pas le titre en américain, mais en français : Tomber amoureux du Christ à nouveau.

Toutes et tous, ici, de la famille spirituelle de Marie-Eugénie, nous nous sentons appelés encore une fois à répondre à Jésus.
Pour toi, qui suis-je ?
Viens, suis moi !
M’aimes-tu ?

Aujourd’hui, chacun et chacune, dans son âme, dans sa langue, dans l’étape présente de son histoire, nous croyons que Jésus Christ est le Centre de nos vies et nous nous engageons à le suivre dans la foi, l’espérance et la charité.

O Christ, adorateur du Père,
Sauveur des hommes,
dans un même mouvement d’amour filial,
Appelle nous en ce jour,
comme Marie-Eugénie, et après elle,
à vivre cet amour au cœur de l’Eglise.

Amen !

Père Hervé Stéphan, AA
Auteuil - 9 mars 2002

10/03/2002
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