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- 60 - janvier - mars 2009
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10 - Aux sources de la Vie Consacrée
Les Jeudi 12 et Vendredi 13 Février 2009 s’est tenu au théologat Jésuite un colloque sur "Vie Consacrée et Famille Africaine". Ce colloque, organisé conjointement par l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus (ITCJ) et le Centre de Formation Missionnaire d’Abidjan (CFMA), a connu la participation d’autres instituts comme le Centre Lasallien Africain, l’ Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO) et de plusieurs Congrégations de la place.
Le thème du colloque a été développé en quatre moments :
. l’histoire de la Vie Consacrée en Afrique ;
. la Vie Consacrée dans l’enseignement de l’Eglise ;
. la famille africaine ;
. des propositions pour une inculturation de la Vie Consacrée dans nos contextes.
Pour notre partage, nous nous proposons de nous arrêter sur le thème Vie Consacrée et Religions Traditionnelles Africaines (RTA) et celui du Religieux face à sa famille biologique.
Deux principales questions posées au début ont permis de suivre le développement de l’intervenant, l’abbé Edouard ADE, curé de la paroisse Bon Pasteur de Cotonou :
. Est-ce qu’en dehors de la Vie Consacrée, il y a en Afrique des formes de Vie Consacrée ?
. Qu’est-ce que les Religions Traditionnelles Africaines peuvent apporter à la Vie Consacrée dans l’expérience chrétienne ?
L’ abbé Edouard a d’abord défini l’homme sous un angle ternaire : il est relié au Tout Autre, au cosmos et aux autres.
Les participants à ce colloque ont eu l’occasion de prendre conscience du sérieux avec lequel les rites et cultes sont vécus en Afrique, le sens de la parole sacrée, la place de l’initiation qui confère à la personne humaine un statut social particulier à l’issue du temps de l’épreuve endurée.
La réponse à la deuxième question qui a guidé cet exposé a été retournée à l’assemblée en plusieurs questions. Quelle conscience ont les Religieux, religieuses des épousailles, de l’Alliance avec Dieu ? Quel sens accordent-ils à l’émission des vœux ? Le caractère sacré des vœux imprègne t-il toujours leur vécu au quotidien ? Les initiés et adeptes des R.T.A. s’investissent à fond et sans partage pour entretenir la relation à la divinité et leur consécration est sans retour.
Quel lien faisons-nous entre l’éducation à la pauvreté et l’endurance pour le travail observé chez les adeptes de certaines RTA pendant la période initiatique ? Ces questions ont conduit à la réflexion que les communautés religieuses sont des laboratoires, des médicaments qui constituent des chemins de guérison de la culture africaine, le Christ étant le Centre de leur vie. Les interventions, dans leur diversité, étaient riches et complémentaires.
Pour ce qui est du consacré face à sa famille biologique, nous avons surtout noté qu’une grande solidarité est souhaitée entre la famille religieuse et la famille humaine des membres d’une Congrégation, afin de s’entraider, de s’édifier et de chercher à grandir ensemble. Et une grande part de responsabilité revenait à chaque Congrégation pour travailler à entretenir cette solidarité. La table ronde qui a réuni tous les intervenants du colloque pour répondre aux préoccupations des participants a été un moment d’approfondissement de quelques aspects des thèmes développés.
Nous pensons que ces deux jours furent un moment de retour aux sources de la Vie Consacrée et une redécouverte des valeurs du patrimoine culturel africain sur le plan religieux, culturel. Un travail d’inculturation ne peut se faire que si le consacré sait tenir en éveil la mémoire de sa culture et celle de la Vie Consacrée.
N.B. Le doyen de l’I.T.C.J. rappelait que "pour préparer une sauce communautaire délicieuse, il faut trois éléments : un peu de folie, un peu d’amour, un peu d’humour". Qu’il en soit ainsi pour nos communautés et que nous osions être des épiphanies de l’amour, de la vie, les unes pour les autres.
Soeur Françoise Vignon,
Juniorat Abidjan.
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