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:: 1 :: Ouverture du Chapitre provincial par Sœur Martine
Chères sœurs et chers amis de l’Assomption,
Avant tout, je voudrais vous souhaiter la bienvenue à vous amis et religieuses de l’Assomption de notre Province d’Afrique de l’Ouest, même si cela a déjà a été déjà fait solennellement hier soir, et ce matin à l’Eucharistie.
Nous voici parvenus au terme de notre temps de préparation du Chapitre provincial qui est en même temps l’ouverture à une nouvelle étape. Le travail n’est pas fini, il continue. Nous ne sommes donc pas au bout de nos peines, mais nous savons qu’elles porteront du fruit, avec la grâce de Dieu. Et déjà nous lui confions ce temps de travail.
Depuis le dernier Chapitre provincial d’août 2001, beaucoup de choses se sont passées dans notre Province et dans le monde.
Je voudrais commencer par évoquer la visite de notre Province par sœur Cristina Maria et sœur Leela . Ce fut un temps de grâce, écourté vers la fin par les événements du 11 septembre, définitivement inscrits dans l’histoire mondiale et dans la nôtre. Et nous avons continué à écrire notre histoire. Nous n’oublions pas l’éclatement de la guerre en Côte-d’Ivoire un an plus tard. En février 2005, c’était une nouvelle page du Togo qui s’ouvrait et qui a continué à s’écrire dans la douleur et dans l’espérance. Je ne vous conte pas l’aventure des élections dans nos différents pays, celles qui ont eu lieu (Niger, Togo, Burkina), celles qui n’ont pas pu se tenir (Côte-d’Ivoire), et celles qui se profilent à l’horizon 2006 (Bénin).
Nous pensons aux nombreux autres événements qui ont marqué la vie de notre monde ; nous avons encore en mémoire, les images et les commentaires affligeants de ce qui s’est passé en Asie à Noël 2004, précisément le 26 décembre, avec le passage du Tsunami. Plus près de nous, en octobre 2005, le continent américain était secoué par des ouragans féroces qui ont touché les pays de la Province d’Amérique Centrale, et le Mexique. Nous n’oublions pas les différents attentats perpétrés en Europe (Espagne, Angleterre). Tout cela nous fait voir l’acharnement de la nature contre l’homme et de l’homme contre lui-même et contre la nature. Je ne peux m’empêcher d’évoquer notre Regretté Pape Jean-Paul II , de vénérée mémoire qui a été remplacé par Benoît XVI. Durant tout son pontificat, Jean-Paul II n’a pas cessé de croire et de proclamer "qu’il n’y a d’avenir pour l’humanité que dans le cadre d’une démarche spirituelle, hors de laquelle les constructions humaines pour contrecarrer la violence et la perversité sont vouées à la destruction, aussi sûrement que les choses matérielles sont anéanties par l’entropie." [1]
Beaucoup de belles choses se sont passées aussi au niveau de notre Province et dans le monde, mais je n’en ferai pas le compte ici. A chacun(e) de faire l’effort de les trouver. Je souligne simplement et sciemment ces quelques faits marquants de chez nous et du monde, qui nous donnent un goût d’apocalypse. Nous comprenons d’entrée de jeu, l’importance de l’espérance , et l’urgence de travailler à faire de notre monde et de "la terre, un lieu de gloire pour Dieu, et de l’humanité, u ne humanité vivante qui lui rend gloire !"
Nous savons que cela ne sera pas possible sans une philosophie, une passion, et une espérance. Et nous voilà situés dans le thème du Chapitre.
Par le travail que nous effectuerons tout au long de ce Chapitre, nous allons regarder les réalités et les besoins des hommes et des femmes de notre temps et de nos peuples concrets. Notre apport et celui des autres Provinces, Vice-Province et Région nous permettront de discerner les grandes orientations de notre action apostolique pour les six années à venir. C’est de cette manière que nous actualiserons le projet de la Congrégation, qui existe depuis le commencement, avec MME et nos premières Mères. Dès le départ, elles ont reçu l’appel à travailler à tout récapituler dans le Christ par l’éducation.
Je vous invite à entrer dans cette expérience de Chapitre, avec une grande espérance. (Il serait bon de partager notre sentiment en venant à cette rencontre provinciale, et ce que nous en attendons)
Nous sommes appelé(e)s à nous laisser habiter par la même espérance que celle qui a habitée MME dès le début de la Congrégation. Elle avait un grand désir de contribuer à "la transformation de la société ici bas", en donnant sa vie à la réalisation de l’Evangile. Comme elle, notre espérance doit s’appuyer sur la foi en la victoire du Christ sur le mal, lui qui par amour a racheté le monde.
Ce Chapitre qui doit être pour chacun(e) de nous une expérience . C’est un mot que sœur Cristina Maria nous a rappelé dans sa lettre de convocation au Chapitre Général et dans son Rapport. Des temps de relecture nous aideront à nous reprendre et à partager ce que le Seigneur nous donnera de vivre au long des jours. Cela demande que nous disposions nos cœurs à accueillir les dons du Seigneur et ceux qu’Il veut nous accorder les un(e)s par les autres. Acceptons de laisser à la porte, nos idées, nos appréhensions peut-être ; acceptons de nous laisser déplacer, retourner, transformer.
Au début de ce Chapitre, il convient de nous rappeler ce que cela signifie d’être Capitulant et Capitulante : c’est une responsabilité. Nous ne sommes pas là pour représenter un parti, un clan, un groupe donné, ni des intérêts. Nous ne sommes pas là en notre nom personnel ni pour notre communauté. Les délégué(e)s ont été élu(e)s par la Province tout entière ou par les communautés d’amis. Nous sommes là pour la Province, pour la Congrégation. Nous avons mérité la confiance de nos amis et de nos sœurs et c’est pour travailler dans le même sens à apporter notre part à l’accueil à nouveau de notre mission aujourd’hui. Nous sommes là pour travailler au nom de la Province, afin qu’au bout du compte nous puissions rendre compte de la vie de la Province à la Congrégation.
Je voudrais aussi nous rappeler le but de notre présence à Ouagadougou. Nous sommes venus pour le Chapitre provincial, et ce n’est pas superflu de le rappeler. Le Chapitre est un temps fort, un moment historique important, et nous sommes là pour nous donner complètement au travail du Chapitre. Il est bon que nous puissions travailler quand c’est le moment de travailler, nous reposer quand ce sera le moment de se reposer.
Le Chapitre est une des occasions pour nous, de participer de manière concrète au gouvernement de la Province et de la Congrégation. C’est pour cela que l’engagement de chacun(e) dans tout ce que ferons et dirons est très important. Et comme le dit si bien le père Radcliffe, en citant un de ses frères dominicains (Fergus Kerr) "S’il y a bien une chose que nous devrions certainement réussir dans un Chapitre, c’est de démontrer cet engagement à chercher la vérité, à écouter pour saisir ce avec quoi nous pouvons être d’accord dans ce sur quoi nous sommes en désaccord, à sauver ce qui est vrai dans ce que les autres pensent..." [2]
Entendons cet appel à la vérité qui nous a été relayé par le Pape Benoît XVI dans son message pour la journée mondiale de la paix. Nous aurons l’occasion de l’accueillir le 1er janvier. Le "thème de réflexion cette année - dans la vérité, la paix - exprime la conviction que, là où l’homme se laisse éclairer par la splendeur de la vérité et quand il le fait, il entreprend presque naturellement le chemin de la Paix... (N°3) La recherche de la paix a son point de départ dans la conscience que le problème de la vérité et du mensonge concerne tout homme et toute femme, et qu’il se révèle décisif pour un avenir pacifique de notre planète."(N° 5)
Cette affirmation du Pape ne nous éloigne pas du thème de notre Chapitre général et provincial. Je crois qu’il n’y a pas de meilleure façon de rendre gloire à Dieu que d’emprunter le chemin de la Vérité qui mène à la Paix.
Mon souhait pour chacun et chacune de nous, c’est qu’à la fin de ce Chapitre, nous puissions prendre un engagement renouvelé "à réaliser une tâche dans l’histoire", un engagement à travailler à une transformation qualitative de notre propre vie et de celle de notre entourage, un engagement à apporter notre part à la construction d’un monde qui reflète davantage la splendeur de Dieu.
Que l’Esprit conduise chacun(e) et toute notre assemblée capitulaire à une riche expérience de fraternité et de collaboration dans la démarche que nous entreprenons dès cet instant !
Que Mère Marie Eugénie nous accompagne !
Je souhaite à tous et à chacun(e) un bon Chapitre et un bon séjour à Ouagadougou !!!
Sœur Martine TAPSOBA
Ouagadougou le 30 décembre 2005
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