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::04 :: Qu’est-ce que la vie contemplative ?
Pr. 4
Qu’est-ce qu’une âme contemplative ? C’est une âme toujours occupée des choses éternelles Il y a certainement un degré de contemplation où nous ne pourrons arriver que soulevés et soutenus par la grâce. Mais il y a un travail que nous devons faire de notre côté : nous désoccuper des autres choses, et nous occuper davantage des choses de l’éternité, cela dépend de nous.
Une âme contemplative est ordinairement occupée de notre Seigneur, de la sainte Vierge, de tout ce qui est de la vie de foi, de tout ce que nous ne connaissons que par la foi, des vérités que la sainte Eglise propose, du saint Evangile, des mystères de Jésus Christ. C’est une âme qui, se simplifiant, se dégageant de ce qui est terrestre, porter son attention, ses pensées, ses affections, sa vie, vers ce qui est éternel et sur les mystères de la vie de Jésus Christ qui nous les représentent ici-bas.
Il dépend de nous de nous occuper de la sorte. Une âme qui agit ainsi est entrée déjà dans l’état contemplatif auquel nous sommes appelés. Lorsque ensuite elle doit exercer son activité extérieure, elle ne s’y laisse pas absorber mais elle a toujours son regard et son cœur en haut.
Nous avons pour cela deux modèles : il y a d’abord Marie la très sainte Vierge. Quelle âme contemplative ! Prévenue de la grâce de l’Immaculée Conception, dès le premier instant de sa vie, elle avait une vision de Dieu plus claire, plus nette, plus élevée que toute autre créature : elle était au sommet de la contemplation, elle a commencé sa vie surnaturelle là où finissent la vie et l’illumination des saints les plus élevés.
Cette vie contemplative s’unissait en elle à une vie extrêmement active, vie de labeur, vie de travail. Dans la maison de saint Joseph, la sainte Vierge s’occupait du ménage. Elle a eu soin de son Fils. Après l’Ascension, elle a vécu avec saint Jean ; elle a pris soin de lui, non pas certes comme sa servante, mais comme sa mère. Dans cette vie ordinaire en apparence, son regard était toujours en haut ; elle méditait, dit l’Evangile, toutes ces choses dans son cœur. Elle corres-pondait avec une fidélité entière aux grâces immenses qu’elle avait reçues.
Mais il y a une autre Marie, qui est aussi un type de la vie contem-plative. Celle-là était une pécheresse, une femme juive du temps de notre Seigneur, elle était tombée, elle avait beaucoup péché. Eprise d’un grand amour, elle demeurait aux pieds de notre Seigneur, le regardait, le contemplait, baisait ses pieds sacrés, les lavait de ses larmes, les essuyait avec sa chevelure. Après l’Ascension, elle s’est retirée dans la solitude et dans la pénitence.
Le travail, l’occupation d’une vie commune, n’empêchent pas d’être comme Marie dans une élévation sublime. Des fautes, des chutes, des misères passées n’empêchent pas non plus de répondre à l’appel vers la contemplation, si on se jette aux pieds de Jésus Christ avec tout son amour et toute son attention.
Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
D’après une instruction de chapitre du 1er juin 1879
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