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 ::02 :: Regard de Dieu

Pr.2

Saint Thomas définit la prière : “une élévation de l’âme vers Dieu.” La prière qui sort d’un cœur humble et soumis ne peut pas être refusée ni rejetée par Dieu.

Pour s’élever facilement vers Dieu, il faut une certaine habitude de vivre sous son regard. Qu’est-ce qui rend si souvent l’oraison pénible et difficile ? C’est la distraction habituelle de l’esprit, peu attentif à Dieu dans les actions ordinaires de la journée. Plus nous nous tiendrons sous le regard de Dieu au milieu des travaux et des loisirs, plus facilement, nous serons recueillis et nous nous élèverons vers Dieu dans la prière.

Il n’est pas en notre pouvoir, de nous sentir toujours en la présence de Dieu. C’est une grâce, Dieu l’accorde, mais pour ainsi dire jamais de manière permanente, même aux âmes privilégiées. Sentir la présence de Dieu d’une manière constante ne dépend donc pas du tout de notre application. C’est un don de Dieu. Mais s’y remettre très souvent, se renouveler dans cette pensée que Dieu nous voit, nous le pouvons.

Dieu se réjouit dans l’âme juste est-il dit dans l’Ancien Testament. Ainsi le Seigneur dit à Satan : “As-tu vu mon serviteur Job ? As-tu vu comme il est simple et droit en ma présence, comme il me sert fidèlement ? Job ,1,8” C’est dire la joie et la gloire que Dieu tire de l’homme qui le sert fidèlement sur la terre. Il le fait encore dans l’alliance nouvelle que notre Seigneur Jésus Christ est venu établir entre nous et son Père.

Tournons-nous sans cesse vers ce regard de Dieu, comme vers un secours, une société, une consolation, comme vers une vie où l’amour se trouve des deux côtés. Dieu nous regarde, et il nous aime. Nous, nous le regardons parce que nous l’aimons.

Nous trouverons dans ce regard de Dieu un appui, un soutien, une protection toujours sûre. Nous y trouverons la louange, la joie, l’adoration. Celui que nous contemplons est parfait, et en lui seul se trouve la satisfaction complète de ce besoin qu’a notre cœur d’être aimé. C’est le “Nous te louons, nous te bénissons, nous te glorifions, nous t’adorons” chantés sans cesse au fond de l’âme en présence du Seigneur. Tout cela se fait d’une manière douce, consolante et facile.

Dieu est plus grand, plus parfait et doit être plus cher à notre âme que toutes les créatures, le recueillement deviendra ainsi plus facile, et l’habitude de vivre en présence de Dieu donnera à notre vie plus de douceur. Le regard paternel de Dieu donne plus de force, de soutien et d’onction dans les dangers, les angoisses, les tentations, les tristesses et les difficultés, et, avec ce secours, il est plus facile de se dégager des futilités de ce monde.

Si le regard de Dieu s’abaisse avec tant d’amour et de complaisance sur une âme qui le sert et qui lui appartient, nous ne pouvons nous faire une idée de l’amour et de l’attention avec lesquels la sainte Trinité s’absorbe et se concentre, pour ainsi dire, en Jésus Christ, dans le Saint Sacrement. Elle trouve en lui, offert au sacrifice de la messe, toute gloire, toute joie, tout amour.

Là celui qui adore est digne de celui qui est adoré. Celui qui s’immole est une victime digne de celui à qui elle est offerte. Celui qui demeure parmi nous au tabernacle fait monter vers le ciel une adoration infinie, une louange parfaite, un amour proportionné à l’amour de Dieu

Cette pensée doit nous aider à prier. Si la sainte Trinité voit monter du tabernacle tout honneur, toute gloire, toute louange, toute satisfaction, tout amour par notre Seigneur Jésus Christ, Dieu et homme, unis à notre Seigneur, nous qui sommes ses tabernacles par la sainte communion, comme il nous devient facile alors de nous placer avec Jésus sous le regard de Dieu.

Nous sommes membres de Jésus Christ. Il est la tête (1 Cor. 6,15). La sainte Eglise est le corps du Christ, et nous en faisons partie : quelle gloire, quel honneur c’est pour nous d’appartenir à ce corps de notre Seigneur, et de pouvoir prétendre à ce regard de tendresse que la sainte Trinité abaisse sur Jésus vivant en nous.

Comment contenter ce regard ? - par la pureté de la vie, par l’attention de l’esprit et du cœur, par l’union constante de notre volonté aux sentiments et aux dispositions de notre Seigneur. Dans la prière, unis à notre Seigneur, sans hésiter, demandons “par lui,” tout ce dont nous avons besoin, comme un enfant demande à son père.

Sainte Marie-Eugénie de Jésus
Fondatrice des Religieuses de l’Assomption
D’après une instruction de chapitre du 23 juillet 1876

01/12/2007
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