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::02 :: Oublié du calendrier
OUBLIE DU CALENDRIER
C’est ce qui est arrivé à saint Joseph pendant 15 siècles.
Et il n’a pas protesté, pas fait la grève. Au ciel, pourvu que Dieu soit
glorifié, le reste importe peu aux saints qui vivent dans la lumière de
l’Agneau. Leur joie, c’est Dieu, et ils ne se préoccupent pas d’eux-mêmes.
C’est cela être humble.
Saint Joseph était le chef de la Sainte Famille. Il était vraiment responsable.
Il prenait les décisions : partir, rentrer... C’est à lui que Dieu envoyait
ses messagers, pas à Jésus, ni à Marie. Il était le représentant du Père,
il avait sous son autorité le Fils de Dieu et sa Mère. Cette autorité, il
l’exerce vraiment, sans complexe, et il en subit les conséquences, par exemple
la persécution et la fuite en Egypte.
Joseph était un travailleur modeste et sérieux. Ce qu’il faisait, il le
faisait bien. Ce n’est pas le métier en soi qui est important, mais la manière
dont on l’exerce et l’intention que l’on y met. Si on le fait par amour
de sa famille, de son prochain et donc de Dieu, c’est ce qui lui donne de
la valeur.
A Nazareth, il ne devait pas manquer de gens qui traitaient Joseph sans
façon, qui critiquaient la Sainte Famille. On dira plus tard de Jésus avec
mépris : “ N’est-il pas le fils du charpentier ?” et lui-même reconnaîtra
: “Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie et sa propre maison (Mt
13, 55,57)”.
Dans cette humble maison et cet atelier, où travaillaient
Jésus, Marie et Joseph, la merveille c’était leur prière, leur union à Dieu,
leur amour mutuel. Les hommes ne le voyaient pas, mais qu’importait à Joseph
le regard des hommes ?
Parce qu’il était humble, il ne gardait aucune rancune de ce qui l’avait
atteint, blessé, ce qui ne veut pas dire qu’il ne le ressentait pas. Parfois,
nous ne sommes pas logiques, nous prions : “Pardonne-nous nos offenses,
comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés.” Il faut pardonner de
tout cœur, ne pas ressasser ce qui a blessé notre amour-propre, mais rebondir
en transformant la bles-sure en occasion d’amour.
On peut dire que saint Joseph a été pleinement heureux, comblé. Il a vécu
avec Marie et Jésus une grande partie de sa vie. Y a-t-il plus grand bonheur
? Mais il n’en aurait pas profité s’il n’avait pas été aussi humble, s’oubliant
pour faire la joie des autres. Il trouvait son épanouissement personnel
dans son effacement même devant Marie et Jésus.
Cherchons ainsi la joie, la paix de l’âme, le bonheur, dans l’humilité et
l’amour qui dépasse tout ce qui fait souffrir.
Marie-Eugénie de Jésus
(D’après ch.19 03 86)
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